BlackRock cote le premier ETF actif européen dédié aux obligations AT1
BlackRock, via sa marque iShares, lance le premier ETF à gestion active dédié aux obligations AT1 (Additional Tier 1). Les obligations AT1 sont des titres bancaires, longtemps perçus comme une classe d’actifs technique et risquée, qui a retrouvé de l’attrait auprès des investisseurs après l’effondrement de Crédit Suisse en 2023, dans un contexte de normalisation monétaire et de recherche de rendement.
Un ETF actif pour capter le retour d’intérêt sur les AT1
Baptisé iShares AT1 Bond Active UCITS ETF (BAT1), le fonds affiche un ratio de frais totaux de 0,50 % et est coté sur Deutsche Börse en Allemagne ainsi que sur la Borsa Italiana. Il sera géré par l’équipe EMEA Leveraged Finance de BlackRock et prendra pour indice de référence l’ICE Developed Markets Contingent Capital Index.
A lire aussi: Les dettes subordonnées bancaires AT1 ont encore surperformé le crédit en 2025
L’objectif du fonds est de générer des revenus attractifs en ciblant de manière sélective des émetteurs bancaires européens de haute qualité, en s’appuyant sur une gestion active destinée à arbitrer les risques propres à chaque structure d’émission.
La résistance des banques européennes
Lors du sauvetage du Crédit Suisse en 2023, la valeur de ses obligations AT1 a été ramenée à zéro. La décision avait été controversée, alors que les AT1 sont théoriquement prioritaires par rapport aux actions dans la hiérarchie du capital.
Elle a provoqué une explosion des spreads AT1 à l’échelle européenne et soulevé des interrogations durables sur la prévisibilité du cadre réglementaire.
Depuis lors, les investisseurs revenus sur cette classe d’actifs ont bénéficié de rendements particulièrement élevés.
Un rebond spectaculaire
Les chiffres sont éloquents. La demande sur le marché primaire d’obligations convertibles contingentes de catégorie 1 additionnelle (AT1) a atteint 250 milliards d’euros entre janvier et novembre 2025, selon les données de la société de gestion Atlanticomnium et Bloomberg. Elle a largement dépassé les 42 milliards d’euros émis pendant la période et a même dépassé la taille totale du marché, estimée à 220 milliards d’euros.
Les fondamentaux du secteur bancaire ont été largement portés par le cycle de resserrement monétaire amorcé en 2022. La remontée rapide des taux d’intérêt a dopé les revenus nets d’intérêts, les banques ayant pu répercuter la hausse des taux sur les crédits tout en maintenant une rémunération des dépôts relativement contenue.
Cette dynamique s’est traduite par des bénéfices record des banques, des niveaux de capitalisation élevés, de faibles charges de dépréciation et des marges d’intérêt historiquement hautes. Autant de facteurs favorables, tant aux performances boursières des banques ces derniers mois qu’aux valorisations du crédit bancaire.
Selon la Banque centrale européenne, le rendement annualisé agrégé des fonds propres du secteur bancaire de l’Union européenne s’élevait à 10,11 % à fin juin 2025, après avoir fortement reculé durant la pandémie de Covid-19. Dans le même temps, le ratio CET1 agrégé atteignait 16,12 %, son niveau le plus élevé depuis au moins 2015.
L’attrait persistant des obligations AT1 s’explique également par leur profil de notation : environ 45 % de l’univers AT1 en circulation est noté BB ou en dessous, alors même que ces instruments sont majoritairement émis par des établissements bancaires dont la notation globale demeure de qualité « investment grade ».
La consolidation en toile de fond
Enfin, la consolidation bancaire a été un des thèmes structurants du secteur en Europe en 2025, dans la continuité de 2024. Après avoir généreusement rémunéré leurs actionnaires, les banques ont recentré leurs priorités sur des opérations de croissance externe ciblées, tant sur leurs marchés domestiques qu’à l’international.
Cette tendance a contribué à un resserrement supplémentaire des spreads de crédit, en particulier pour les banques de taille intermédiaire rentables, où les opérations de fusion-acquisition doivent permettre de dégager des économies d’échelle, d’améliorer la génération de capital et d’accroître l’efficacité opérationnelle.
Plus d'articles du même thème
-
Rheinmetall se réarme sur le marché obligataire
Le groupe de défense allemand est revenu sur le marché obligataire jeudi 21 mai pour la première fois depuis 2010 avec une émission de 500 millions d’euros ayant attiré près de 6 milliards d'euros de demandes au pic, dans un marché très réceptif. -
L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
Les revenus des fournisseurs d’indices sont en progression de plus de 12 % par an ces cinq dernières années, dans un marché toujours très concentré. -
Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’économie britannique
Après l’emploi, les ventes de détail chutent en avril tandis que les finances publiques se détériorent dans un contexte géopolitique et de politique intérieure difficile. -
La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF. -
Le marché high yield ne connaît pas la crise
Les émetteurs haut rendement ont afflué ces dernières semaines sur le marché primaire, soutenus par la forte demande pour le rendement. Certains craignent néanmoins une trop grande complaisance. -
Vanguard lance deux ETF sur les actions européennes
Le deuxième gestionnaire d'actifs mondial étoffe sa gamme de fonds coté avec des indices sur la zone euro et sur les petites capitalisations européennes.
ETF à la Une
L'Arabie Saoudite enregistre SAB Invest comme son premier teneur de marché ETF
Contenu de nos partenaires
-
Flottille pour Gaza : le ministre israélien Itamar Ben Gvir interdit de territoire français
Pour légitimer cette décision, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a fait référence à une vidéo polémique publiée mercredi 20 mai par Itamar Ben Gvir, dans laquelle figurent des militants de la flottille pour Gaza, agenouillés et les mains liées -
L’Iran promet « une défaite écrasante » si Donald Trump relance le conflit
« Nos forces armées se sont reconstituées pendant la période de cessez-le-feu », a assuré Mohammad Bagher Ghalibaf, le principal négociateur iranien, qui est aussi président du Parlement iranien. De son côté, Donald Trump a modifié son agenda : il ne se rendra pas en effet au mariage de son fils pour des « raisons ayant trait aux affaires de l’Etat » -
Stress hydriqueDans l’Yonne, cinq communes se regroupent pour avoir de l’eau potable
La commune d’Annay-sur-Serein a dû faire face à une problématique de taille : une eau rendue impropre à la consommation. En cause : une concentration en nitrates trop élevée. Alors que l’Agence Régionale de Santé préconisait la construction d’une usine de dénitrification, les élus ont opté pour une solution mutualisée, plus coûteuse, mais aussi plus durable