Berlin et Bruxelles calment le jeu sur le Fonds européen de stabilité

Le débat sur un éventuel accroissement des 440 milliards d’euros de garanties du FESF témoigne de l’imperfection du dispositif
Alexandre Garabedian

En indiquant mercredi soir que l’enveloppe de 750 milliards d’euros destinée à aider les Etats européens en difficulté pourrait être augmentée si nécessaire, Axel Weber, membre du conseil de la BCE, a mis le doigt sur un problème. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé en mai et qui bénéficie de 440 milliards d’euros de garanties de la part des Etats européens, pourrait en effet apparaître comme un instrument déjà dépassé si la crise irlandaise s’étend aux autres pays périphériques, notamment l’Espagne. Axel Weber a cherché à calmer le jeu dès jeudi, déclarant que «les fonds seront plus que suffisants pour repousser une attaque sur la zone euro».

Dans la foulée, Berlin et la Commission européenne ont démenti deux articles de Die Welt et du Wall Street Journal, qui indiquaient que Bruxelles aurait proposé de doubler la taille du FESF. Une perspective à laquelle l’Allemagne s’oppose farouchement.

Le montant de 440 milliards d’euros accolé au FESF est trompeur. Il représente les garanties que les 16 Etats européens qui ont présidé à sa création lui ont accordées. La Grèce et l’Irlande sont désormais hors course. Mais la capacité d’intervention du Fonds, elle, est bien inférieure. D’une part, il ne pourra emprunter sur les marchés qu’au maximum 83% des garanties qui lui sont accordées, condition nécessaire à l’obtention d’une note AAA. D’autre part, à chaque fois qu’il prêtera à un Etat en difficulté, le Fonds devra constituer une réserve de cash et une réserve tampon.

Compte tenu de ces règles de fonctionnement, les analystes de SG CIB estimaient récemment que la véritable capacité de prêt du FESF est au maximum de 255 milliards d’euros, un montant inchangé même si l’Espagne doit à son tour faire appel à ses partenaires. Il faut y ajouter les 60 milliards de la Commission européenne, et augmenter le tout de 50%, soit l’abondement du FMI. Total: 475 milliards au lieu de 750.

«Si l’Irlande et le Portugal devaient faire appel au FESF début 2011, ils auraient besoin respectivement sur l’année de 23,5 et 17 milliards d’euros», calcule SG CIB, soit 40 milliards. Les besoins de financement à moyen et long terme de l’Espagne, eux, se montent à 90 milliards d’euros sur la seule année 2011. Avec une aide accordée sur 3 ans, et des besoins toujours aussi élevés en 2012 et 2013, le dispositif d’aide et le FESF atteindraient vite leurs limites.

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