Warren Buffett, PDG de Berkshire Hathaway, n’a rien perdu de son «mojo». Quand bien même «l’oracle d’Omaha», comme le surnomment ses admirateurs, n’a pas réussi à battre le S&P 500 sur les cinq dernières années - une première depuis son arrivée aux commandes du conglomérat en 1965 - il a signé un exercice 2013 solide. Son groupe a dégagé un bénéfice net de 19,5 milliards de dollars, contre 14,8 milliards de dollars l’année précédente. Le groupe du Nebraska, qui détient un portefeuille de participations valorisé plus de 115 milliards de dollars dans des domaines aussi variés que l'énergie, l’assurance, le transport ou l’industrie, a largement profité de la reprise américaine.
La valeur de l’actif net comptable par action, l’indicateur préféré de Warren Buffett, a progressé de 18,2% sur l’ensemble de l’exercice, contre un gain brut de 32% pour le S&P 500 (dividendes inclus). «(...) La valeur de l’actif net comptable et la valeur intrinsèque surperformeront le S&P 500 dans les années où le marché est baissier ou modérément haussier», prévient Warren Buffett dans sa traditionnelle lettre aux actionnaires. Sur la période fin 2008-fin 2013, ce même indicateur a grimpé de 91%, contre 128% pour l’indice boursier de référence. Mais en incluant l’exercice 2008, la performance dépasse celle du S&P 500. «A travers des cycles complets dans les années à venir, nous nous attendons à le faire de nouveau. Si nous échouons, nous n’aurons pas mérité notre salaire», souligne Warren Buffett.
Pour nourrir la croissance, le PDG de Berkshire Hathaway, secondé par son associé Charlie Munger, reste à l’affût d’acquisitions, après les deux opérations majeures réalisées en 2013 (18 milliards de dollars dépensés pour NV Energy et Heinz). Pour cette dernière opération, il s’est allié en tant que «partenaire financeur» à la société d’investissement brésilienne 3G, chargée du pilotage opérationnel. Un montage qui pourrait servir de modèle à d’autres acquisitions de même taille, écrit Warren Buffett. A cette fin, le groupe dispose de liquidités estimées à 48,2 milliards de dollars. Fidèle à son habitude, l’investisseur vedette livre également son humeur sur l'état du marché : «le dynamisme enraciné dans notre économie de marché continuera d’opérer comme par magie», s’enthousiasme-t-il. Mais il alerte dans le même temps sur les systèmes de retraite publics qui réserveront de mauvaises nouvelles au cours de la prochaine décennie.
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