Athènes reste sous pression pour trouver un accord avec ses créanciers
La victoire du parti anti-austérité Syriza aux élections législatives grecques a provoqué dès hier son lot de déclarations politiques fortes en Europe. Mais au-delà des postures inhérentes aux négociations qui vont s’engager entre Athènes et ses bailleurs de fonds, le nouveau gouvernement grec se trouve sous forte pression financière pour parvenir à un accord. Avec la BCE dans le rôle d’arbitre, comme en 2011-2012.
La situation des banques est une première source de stress. Celles-ci ont accru, de 45 milliards en novembre à 56 milliards d’euros en décembre, leur recours au financement BCE. Elles peuvent apporter pour cela trois types d’actifs en collatéral: des titres du Fonds européen de stabilité financière (FESF), pour environ 37 milliards, des emprunts d’Etat grecs, qu’elles ne détiennent plus en pratique, et des garanties publiques dites de Pilier 2, accordées dans le cadre d’un plan de soutien. Ces garanties expirent quoi qu’il arrive le 1er mars.
Pour que le financement BCE perdure, Syriza devrait demander l’extension du programme d’aide internationale qui s’achève le 28 février, ce que le parti refuse au vu des conditions qui y sont attachées. En théorie, les banques grecques pourraient se financer auprès de la Banque de Grèce via sa ligne de liquidité d’urgence (ELA), dont l’encours était nul fin 2014 mais avait atteint 124 milliards en mai 2012. Deux l’ont demandé mi-janvier. «L’ELA doit cependant être approuvée par le directoire de la BCE, et sa disponibilité n’est pas automatique», rappellent les économistes d’UBS.
La Grèce devra par ailleurs rembourser au FMI 8,5 milliards d’euros cette année, et à la BCE deux dettes obligataires de 3,5 milliards en juillet et 3,2 milliards en août, «une somme que le pays ne pourra sans doute pas lever sur les marchés en l’absence d’accord », estime UBS. Sans compter qu’Athènes aura à renouveler en moyenne chaque mois d’ici à juin quelque 2 milliards de bons du Trésor.
Enfin, pour bénéficier du programme d’achats de dette souveraine (QE) de la BCE, le pays doit respecter les obligations du plan d’aide internationale. La banque centrale tient là aussi un argument: elle limitera ses achats à 33% de la dette d’un émetteur, mais dans le cas de la Grèce, ce plafond est déjà atteint, le gros de la dette grecque étant constitué de prêts. «La BCE pourrait adopter une définition large de la dette grecque», estime SG CIB, en contrepartie d’un accord, pour éviter que la règle des 33% ne pénalise Athènes.
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