AIB impose des décotes de 75 % à 90 % sur ses dettes subordonnées
La facture est salée pour les détenteurs d’instruments de capital réglementaire d’Allied Irish Bank (AIB) contraints de partager le coût sauvetage des banques irlandaises avec Dublin.
La banque a dévoilé hier son intention de lancer une offre de rachat sur 18 dettes de tier one ou de tier two libellées en dollars, en euros ou en livres. S’adressant à tous les porteurs de ce type de dette, y compris les Américains et ceux basés aux Etats-Unis, la proposition de l’établissement financier prévoit un prix d’achat représentant 25% du nominal sur huit des lignes obligataires, 22,5% sur trois lignes et 10% sur les sept autres. Dans cette dernière catégorie de prix, il sera offert, par exemple, 100 euros pour chaque montant nominal de 1.000 euros sur les 240,3 millions d’euros de dette perpétuelle de coupon 7,50% et dotée d’une option de remboursement anticipé (call).
Au bout du compte, les décotes s'établissent ainsi à 75%, 77,5% et 90%. Dans le cas où l’offre serait entièrement souscrite, la banque génèrerait environ 2 milliards d’euros de capital. Le ministre des Finances, Michael Noonan, a estimé hier que les porteurs de titres d’AIB ont ainsi obtenu une transaction «raisonnable» avec des prix et des termes «justes et équilibrés». Le responsable politique a rappelé que sans l’aide gouvernementale, l’institution aurait été insolvable.
Il faut dire que les créanciers n’ont guère le choix. Comme Anglo Irish, AIB va inclure des clauses qui lui permettront de rembourser à 1 cent pour 1.000 euros de nominal ceux qui n’apporteraient pas à l’offre. La banque prévoit de lancer son offre demain, une fois que son document d’offre sera publié. Elle expirera le 13 juin. Les obligations toujours en circulation représentant un montant total de 2,7 milliards d’euros environ, seront échangés contre du cash dans les devises des émissions.
Mais avant même la fin de l’offre, celle-ci pourrait être perturbée par deux investisseurs new-yorkais détenteurs de trois des dettes subordonnées d’AIB concernées par l’offre, à savoir le fonds Aurelius Capital et la banque Abadi. Ceux-ci ont saisi la Haute Cour de Justice pour contester la modification unilatérale des termes de la dette subordonnée de la banque pourtant prévue par les dispositions de la loi de restructuration bancaire votée fin 2010. Une audience est prévue le 2 juin.
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