Adecco prévoit un ralentissement temporaire de sa croissance en 2008
Le groupe suisse a par ailleurs enregistré un bénéfice de 735 millions d’euros en 2007, en hausse de 20%, répondant aux attentes des analystes
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Alexandre Boksenbaum
«Très content» mais modéré dans ses perspectives. Tel est l’état d’esprit du dirigeant d’Adecco, Dieter Scheiff, lors de la publication de ses résultats. Son groupe a en effet publié des chiffres en ligne avec les attentes des analystes, avec un résultat net annuel en hausse de 20% à 735 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 21 milliards, soit une progression de 4% par rapport à 2006. Le consensus attendait un bénéfice net de 730 millions d’euros et une activité à 21,09 milliards. La modification des règles de calcul des cotisations sociales en France a permis de stimuler les marges opérationnelle et brute de la société, qui ont respectivement augmenté de 100 points de base à 5% et de 120 pb à 18,6%. Les résultats ont toutefois été freinés par une charge de 15 millions d’euros enregistrée à la suite d’une enquête des autorités françaises de la concurrence sur deux filiales d’Adecco.
Pour la France, où le groupe suisse réalise 30% de son activité, Dieter Scheiff prévoit «une croissance de 1 à 2% au premier trimestre, avant un retour à la moyenne du marché dès le milieu de l’année». De même, le Royaume-Uni devrait afficher une croissance «légèrement inférieure au marché». Bien que «difficile à prédire», l’activité devrait également rester faible en Amérique du Nord, après un recul de 6% au dernier trimestre 2007. Adecco a ainsi confirmé l’opinion de Marco Strittmatter, analyste chez Zuercher Kantonalbank, qui anticipait «une croissance nulle, voire négative» pour cette zone. Adecco a d’ailleurs indiqué qu’il allait réorganiser ses activités en Amérique du Nord moyennant 20 millions d’euros. Le groupe espère donc que son salut viendra de l’Asie, notamment du Japon, où la demande devrait demeurer forte.
De fait, Adecco entend afficher une marge d’exploitation de plus de 5% d’ici à 2009 et une rentabilité des capitaux investis supérieure à 25%. Le groupe zurichois a aussi confirmé son objectif de croissance annuelle de 7 à 9% de son activité pour le moyen terme. Cette présentation a rassuré la banque privée Wegelin qui pense que «la hausse des marges et la confirmation des objectifs à moyen terme devraient réjouir les marchés». Un sentiment partagé par Scott Weldon de la banque Vontobel, qui salue la confiance du groupe dans sa capacité à réaliser ses objectifs malgré la récession américaine.
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