Les superviseurs bancaires achèvent la réforme Bâle 3
Le groupe des gouverneurs de banques centrales et des superviseurs (GHOS), instance de décision du Comité de Bâle, a trouvé jeudi un accord sur la finalisation des règles de Bâle 3, selon un communiqué publié à 17h00.
«L’accord qui vient d’être conclu pour finaliser Bâle 3 est le meilleur accord possible pour la France et pour l’Europe. Comme nous en avions clairement marqué l’exigence, cet accord présente trois caractéristiques essentielles : il est équitable, raisonnable et définitif», déclare François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, dans un communiqué séparé.
Les recommandations du Comité de Bâle, qui portent sur le calcul des actifs pondérés par le risque (RWA) des banques, comprennent deux grandes mesures. D’une part, un durcissement des exigences en capital liées aux risque de marché : ce passage en revue, la FRTB (fundamental review of the trading book) entrera en vigueur en 2022, et non plus en 2019. D’autre part, la mise à jour du plancher d’exigence en capital. Cet « output floor » a été fixé à 72,5%. Il signifie que les exigences en capital liées au calcul des RWA grâce à des modèles internes représenteront au moins 72,5% des exigences calculées avec un modèle standard, moins favorable aux établissements de crédit. Le floor entrera en vigueur de manière progressive entre le 1er janvier 2022 (il sera alors de 50%) et 2027. L’objectif de cette dernière couche réglementaire est de mettre fin aux écarts injustifiés de RWA entre banques qui ne seraient pas liés à leur activité.
La réforme grave aussi dans le marbre la mise en place, en 2022, d’une surcouche de ratio de levier pour les banques d’importance systémique mondiale.
Dans un autre dossier lourd de conséquences, la pondération des risques souverains dans les bilans bancaires, le Comité de Bâle a en revanche décidé de ne rien changer aux règles existantes. Il invoque l’absence de consensus sur le sujet, et a donc décidé «de ne pas ouvrir de consultation sur les idées présentées dans le discussion paper».
Plus d'articles du même thème
-
Les banques du Golfe Persique émettent toujours plus de dettes
La banque dubaïote Emirates NBD Bank PJSC a réussi mardi une émission de dette subordonnée AT1 et rouvert ce marché « risqué » qui était fermé depuis le début de la guerre en Iran. Un marché en plein essor. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Barclays gaspille une occasion de briller
En dépit d’une activité soutenue dans le trading sur fond de volatilité générale, la banque britannique enregistre une perte de 300 millions de dollars sur le dossier MFS. Elle fait miroiter un nouveau programme de rachat d'actions.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sans les Britanniques, « vous parleriez français », plaisante Charles III face à Trump
Washington - Le roi Charles III a rendu la monnaie de sa pièce à Donald Trump mardi lors d’un dîner d’Etat à la Maison Blanche, affirmant, avec humour, que les Américains parleraient français si les Britanniques n’avaient pas colonisé eux aussi l’Amérique du Nord. -
Affaire Kimmel/Trump : la FCC demande un examen anticipé des licences de la chaîne ABC
Le régulateur américain des télécoms a demandé, le 28 avril, à Disney de déposer plus tôt que prévu les demandes de renouvellement des licences des stations locales d’ABC, sur fond de polémique entre les époux Trump et Jimmy Kimmel après une blague de l’humoriste sur la Première dame -
Présidentielle 2027 : Marine Le Pen espère un second tour « entre le bloc central et le RN »
Paris - A un an de la présidentielle, Marine Le Pen affirme son souhait d’un second tour «entre le bloc central et le RN». De préférence contre Edouard Philippe, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. Tout en continuant d’espérer que «les juges ne (l’)empêcheront pas d'être candidate». La campagne n’a pas encore vraiment commencé mais la patronne du Rassemblement national sait déjà qui elle veut affronter. «Je souhaite un second tour face au bloc central», déclare-t-elle mardi dans un entretien à l’AFP. Un voeu formulé parce qu’elle «pense que ce qui est à faire est très important (et) qu’il est nécessaire d’avoir la force d’une élection de choix et pas d’une élection de rejet de l’autre candidat». Comprendre: face à Jean-Luc Mélenchon, que les rares sondages de second tour donnent très largement battu - moins de 30% pour l’Insoumis et plus de 70% pour Jordan Bardella - même si seul le président du Rassemblement national a été testé récemment dans ce cas de figure. Le match serait en revanche plus serré face à un adversaire issu des rangs de la droite et du centre. En particulier Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d’opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella. «La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s’ils arrivent à avoir un candidat commun», insiste tout de même la triple candidate à l’Elysée, qui reconnait que «dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques» car «il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste» et «il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas». Pas envie de «facilité» Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu’elle qualifie de «candidat du parti unique» et d’incarnation de «l’extinction du clivage droite-gauche», Mme Le Pen souligne que dans ce scénario, «il y a une condition sine qua non, c’est qu’ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ». Dans le cas contraire, «le risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel», ajoute-t-elle. Mais la perspective d’une victoire dans un «front anti-LFI» ne l’enchante guère. «Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument», explique-t-elle, critiquant «une forme de facilité». La critique vise notamment son autre rival déclaré, Bruno Retailleau, qui ne lui inspire aucune inquiétude. «Ce sera le Zemmour de 2027 (…) ce sera Monsieur Plus», ironise-t-elle. Son pari? Le patron des Républicains «va se radicaliser» pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu’un se met en concurrence avec le RN». Et si l’ex-ministre de l’Intérieur entend miser sur son expérience pour s’imposer, «tant mieux pour nous» car «son résultat à Beauvau est juste pathétique», assène-t-elle. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l’extrême droite française est d’autant plus à l’aise que «les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd’hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d’immigration ni de sécurité, c’est une victoire idéologique qui est acquise». Avec «la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d’achat», et «le sujet des finances publiques qui va certainement s’inviter», les grandes lignes de la confrontation sont tracées. Reste à trouver comment «dessiner dans l’esprit des Français ce que peut être la France sans l’ensemble de ces fils qui l’entravent et de ces maux qui la frappent». «La décision sera simple» Le parti n’en est pas encore là, même s’il «prépare sa campagne». Un premier séminaire mi-avril a permis d’identifier de premiers points sensibles, notamment la sécurité de son candidat «qui est une vraie préoccupation, parce que l’extrême gauche est de plus en plus brutale et violente». «Personne n’a jamais empêché un meeting de Mélenchon (…) il n’y a jamais de contre-manifestation contre un meeting de la France Insoumise, ça n’est jamais arrivé, ça n’existe pas», insiste-t-elle, dénonçant aussi bien «une impunité de la part des pouvoirs publics» qu’une «compréhension coupable de la part de la presse» qui s’en fait l'écho. D’autres réunions internes seront par ailleurs nécessaires pour finaliser le programme. «On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé», indique-t-elle. Mais l’essentiel reste suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, qui décidera le 7 juillet du sort de Marine Le Pen et pourrait confirmer son inéligibilité, voire lui imposer en plus le port d’un bracelet électronique. «Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate», assure-t-elle. A l’inverse, «si je ne peux pas être candidate ou si je ne peux pas faire campagne, ça revient au même», dit celle qui cèderait alors la place à son «binôme» Jordan Bardella. Sans état d'âme: «La décision sera simple (...) parce qu’en fait c’est assez binaire». Gabriel BOUROVITCH © Agence France-Presse