Gouvernance en Action interpelle Gecina sur sa stratégie
Avant de séduire les propriétaires de Foncière de Paris, Gecina devra convaincre ses propres actionnaires. Or, l’assemblée générale extraordinaire du 27 juillet prochain, qui a pour seul objectif d’autoriser le conseil d’administration de la foncière à procéder à une augmentation de capital – actions et obligations subordonnées remboursables en actions (OSRA) – sans droit préférentiel de souscription, pour financer toute offre publique d’échange (OPE), notamment celle sur Foncière de Paris, promet d’être plus agitée que prévu. Approché par des petits porteurs de Gecina, Fabrice Rémon, fondateur de Gouvernance en action, vient d’adresser à la foncière une série de questions écrites.
Selon lui, certains actionnaires s’interrogent sur le «chèque en blanc» qui leur est demandé pour une durée de 26 mois. D’une part, la résolution concerne toute OPE, alors que la résolution prévue pour l’AGE initiale du 29 juin visait explicitement Foncière de Paris. Faut-il comprendre que Gecina a d’autres cibles en vue ? D’autre part, le plafond de l’augmentation de capital a été relevé de 50%, de 100,3 millions d’euros de nominal à 150 millions d’euros, soit une contre-valeur d’environ 2,4 milliards d’euros sur la base de l’actif net réévalué (ANR) par action de Gecina fin 2015. Autrement dit la dilution des actionnaires passe de 21% à près de 32%.
Gouvernance en Action questionne aussi sur la stratégie de Gecina. Pourquoi avoir cédé le pôle santé, le plus rentable, pour se repositionner sur des actifs à moindre rendement, d’autant plus s’ils sont payés à des prix très élevés, comme dans l’offre sur Foncière de Paris ? N’aurait-il pas mieux valu rendre cet argent aux actionnaires ?
De plus, Fabrice Rémon s’interroge sur le meilleur traitement réservé aux actionnaires de Foncière de Paris, à qui on offre des OSRA avec un rendement garanti de 5,5% sur sept ans, alors que les actionnaires de Gecina doivent se contenter d’un rendement d’environ 4%, et non garanti dans le temps. Il s'étonne par ailleurs que le groupe ait déposé une surenchère sans s’assurer du soutien de Covéa, indispensable à la réussite de l’offre. Enfin, Gouvernance en Action se demande si le management de Gecina est intéressé financièrement (bonus…) – ou pas – à la réussite de l’offre sur Foncière de Paris.
Pour l’heure, Gecina n’a pas souhaité commenter ces interrogations. Il faudra donc attendre mercredi prochain pour avoir des réponses.
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