Mastercard et BNY Mellon se convertissent aux cryptomonnaies

le 12/02/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Tous deux, suivis par Uber, ont dit vouloir faciliter l’usage des cryptomonnaies par leurs clients, légitimant l’usage du bitcoin comme moyen de paiement.  

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Uber envisage d’intégrer le bitcoin et d’autres cryptomonnaies, en dehors de toute spéculation.
(Crédit Fotolia.)

De quoi légitimer un peu plus le bitcoin comme moyen de paiement à part entière. Coup sur coup, Mastercard, BNY Mellon et Uber ont annoncé ce jeudi fournir des services de cryptomonnaies à leurs clients. Dans la foulée, le bitcoin a poursuivi sa folle ascension, bondissant de près de 7,4%, à 48.364 dollars jeudi après ces annonces. 

Ces annonces surviennent alors que les cryptomonnaies telles que le bitcoin font l'objet d'un regain d'engouement ces derniers mois. La valeur de ce dernier approche maintenant les 50.000 dollars. Quand bien même ses détracteurs estiment que le bitcoin est un actif spéculatif soumis à de fortes fluctuations.

La société de paiement Mastercard a annoncé qu'elle s'apprête à accepter les transactions dans certaines cryptomonnaies sur son réseau de paiement. Elle franchit ainsi une étape supplémentaire : Mastercard avait déjà noué des partenariats avec des fournisseurs de cartes crypto tels que Wirex et BitPay. Mais il avait alors demandé que les monnaies digitales soient converties en devises Fiat avant de procéder à des paiements sur son réseau.

«Les projets de Mastercard d’intégrer des paiements crypto est un autre indicateur des transfromations structurelles profondes en cours dans notre infrastructure financière», souligne John Wa, président de Ava Labs, cité par l’agence Bloomberg.

Le groupe coté dit voir de plus en plus de consommateurs utiliser ses cartes de paiement pour acquérir des cryptomonnaies, comme les bitcoins, mais également davantage de gens voulant les convertir en monnaies traditionnelles afin de les dépenser. Cela permettra aux consommateurs et aux commerçants d'effectuer des transactions d'une nouvelle manière, et élargira la clientèle potentielle pour les commerçants, a ajouté l'entreprise.

Prudent, le groupe précise qu'il n'acceptera pas toutes les cryptomonnaies sur son réseau de paiement : il évaluera d'abord si ces devises présentent des garanties suffisantes en matière de protection des consommateurs et de respect des protocoles et des règles en vigueur.

BNY Mellon se convertit aussi

Ce jeudi, la banque new-yorkaise BNY Mellon a annoncé elle aussi sa conversion aux cryptomonnaies. Elle va tenir, transférer et délivrer des bitcoins et d'autres cryptomonnaies aux clients institutionnels. Elle revendique ainsi être la première banque à fournir à ses clients un service pour des actifs qui pourraient inclure le bitcoin.

Pour ce faire, BNY Mellon a constitué une nouvelle entité dédiée et une plateforme d'administration pour les actifs traditionnels et digitaux. Mike Demessie, head of advanced solutions, va superviser cette entité. 

De même, Uber envisage d’intégrer le bitcoin et d’autres cryptomonnaies, a indiqué jeudi son PDG Dara Khosrowshahi dans une interview à CNBC. Contrairement à Tesla, lui ne compte pas investir une partie de ses liquidités dans le bitcoin. «C'est une conversation qui a eu lieu et qui a été rapidement écartée. Nous allons garder notre argent en sécurité. Nous ne sommes pas dans le domaine de la spéculation», a déclaré Dara Khosrowshahi.

Acquisitions de bitcoins par Tesla

De fait, le constructeur américain de voitures électriques Tesla a annoncé lundi qu'il avait acquis des bitcoins en janvier pour un montant de 1,5 milliard de dollars (1,25 milliard d'euros), et qu'il envisageait d'accepter la cryptomonnaie comme moyen de paiement à l'avenir. Rien de tel pour légitimer le bitcoin : Tesla est devenu le constructeur automobile ayant la plus forte valorisation boursière, à près de 1.000 milliards de dollars. Et son fondateur et patron Elon Musk, première fortune mondiale, a multiplié ces derniers jours les références au bitcoin sur Twitter.

Tesla a réussi à centrer le débat sur l’acquisition de bitcoins par des grosses firmes. Twitter lui-même a annoncé mercredi qu’il explorait cette possibilité.

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