La blockchain entre dans la loi française
Mû par sa volonté de placer Paris en première ligne de l’innovation financière en Europe, le gouvernement est allé très vite. Vendredi soir, le président de la République a signé une ordonnance qui inscrit dans le droit l’utilisation de la blockchain, technologie sous-jacente au bitcoin, dans le non-coté.
Le Trésor travaille depuis un an sur ce projet permis par la loi Sapin 2. L’ordonnance apporte plusieurs modifications au Code monétaire et financier. La principale consiste à proposer la blockchain comme nouvelle modalité technique d’inscription et de transfert des titres non cotés, à savoir les parts de fonds (qui représentent quelques 2.000 milliards d’euros en France selon le ministère de l’Economie), les actions et obligations non cotées (1.000 milliards d’euros), et les titres de créances négociables (300 milliards). Auparavant, ces actifs devaient obligatoirement être matérialisés par un compte-titres. Dorénavant, avec une valeur juridique égale, ils pourront être inscrits directement sur une blockchain, puis être échangés sans passer par des intermédiaires comme les teneurs de comptes, les conservateurs ou les dépositaires centraux. En un clic ou presque, une PME pourra proposer ses titres à la vente, un investisseur pourra acheter une part de fonds… «L’utilisation de cette technologie permettra aux fintech et aux autres acteurs financiers d’offrir […] des solution plus rapides, moins chères, plus transparentes et plus sûres», a souligné vendredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
Plusieurs solutions développées cette année par des entreprises privées (BNP Paribas, la Société Générale, Euronext, Natixis, la Caisse des dépôts, la Bourse de Luxembourg…) pourront être commercialisées dès le premier semestre 2018, lorsque les décrets d’application de l’ordonnance seront pris. Ces derniers définiront les modalités techniques, comme la traçabilité de la propriété du titre, l’encadrement du système de règlement (probablement en monnaie banque centrale et non en bitcoin), etc…
La France devient ainsi le premier pays européen (et «sûrement au monde», ajoute-t-on au Trésor) à donner valeur légale à l’inscription et au transfert de titres non cotés par blockchain, beaucoup de juridictions s’étant bornées à l’expérimentation. «Aux côtés de la finance verte et du financement participatif, notre aspiration est que les solutions blockchain deviennent un nouveau pilier de l’innovation financière à Paris», a déclaré Bruno Le Maire.
Plus d'articles du même thème
-
Le Crédit Agricole se prépare à lancer un stablecoin en euros
Ce stablecoin sortira cet été, selon le média spécialisé Blockstories. Le Crédit Agricole a également rejoint un consortium bancaire international pour lancer un stablecoin en dollars. -
La DTCC enclenche sa transformation numérique
Le feu vert de la SEC à la « tokenisation » de certains titres financiers était très attendu pour accélérer la mue des marchés traditionnels. -
Aviva Investors s’allie à Ripple pour accélérer la tokenisation des fonds
Les régulateurs britanniques et américains adaptent leurs cadres pour accélérer l’adoption à grande échelle.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
Pour 2027, Marine Tondelier propose un « socle » programmatique aux partis de gauche
Défenseuse d'une primaire de la gauche, la secrétaire nationale des Écologistes a proposé ce vendredi 17 avril à différents partis de gauche, hors LFI, un « socle programmatique », à un an de l'élection présidentielle. -
Malgré la réouverture du détroit d'Ormuz, Donald Trump maintient le blocus américain
Alors que le président américain s'est félicité de voir l'Iran rouvrir le détroit d'Ormuz, Donald Trump a toutefois annoncé ce vendredi 17 avril que les États-Unis maintiennent leur blocus sur le point de passage stratégique. -
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur