Natixis AM teste la blockchain dans la distribution de fonds
Avis de court-circuit dans la gestion d’actifs. Deux projets sont en course pour optimiser la distribution de fonds grâce à la blockchain, chacun visant un déploiement industriel dès 2018. Depuis vendredi et durant la deuxième quinzaine de juillet, Natixis Asset Management (NAM) teste la plate-forme FundsDLT, créée et administrée par Fundsquare (filiale de la Bourse de Luxembourg), en partenariat avec KPMG Luxembourg et la société informatique In’Tech. Deux ordres sur deux fonds de NAM ont été passés pour quelques milliers d’euros. Début mai, BNP Paribas Securities Services (BP2S) avait annoncé un projet semblable avec Axa IM.
Olivier Portenseigne, directeur général de Fundsquare, explique la situation actuelle : «Pour acheter une part de fonds, un investisseur passe par un distributeur, qui fait une agrégation des ordres de souscription, passe par une maison de clearing et de settlement, qui, s’il s’agit de fonds luxembourgeois passe par un agent de transfert et s’il s’agit de fonds français passe par Euroclear, et eux-mêmes s’adressent ensuite au gestionnaire d’actifs.»
Sur une blockchain privée tournant sur Ethereum, Fundsquare a développé trois smart contracts (contrats intelligents) permettant le routage d’ordres, la liquidation (déplacer la trésorerie) et la tenue de registre. Elle construit par ailleurs un catalogue d’API qui permettra à des sociétés de gestion ou des agents de transfert de se connecter à cette plate-forme.
Premier avantage, les gérants auront enfin une visibilité sur les souscripteurs, ce qui leur permettra de concevoir des produits plus adaptés. Aujourd’hui, «pour des raisons de coûts, les systèmes de règlement-livraison fonctionnent par ordres agrégés et n’offrent pas les champs nécessaires pour préciser qui est le client», explique Said Fihri, de KPMG Luxembourg. D’autre part, FundsDLT permettra un traitement homogène des ordres quel que soit le pays des fonds.
Enfin et surtout, la plate-forme réduit les coûts. Sur les fonds domiciliés au Luxembourg, KPMG estime qu’elle permettra d’économiser un milliard d’euros par an. «In fine ce sont des économies pour l’investisseur», souligne Olivier Taille, responsable du projet chez NAM.
Fundsquare a mis en place des groupes de travail avec trente sociétés de gestion et travaille aussi avec le dépositaire de NAM, Caceis. «Les acteurs de la centralisation et les agents de transfert doivent repenser leur métier», conclut Said Fihri.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Défaite judiciaire d'Elon Musk : un boulevard pour OpenAI et Sam Altman
Le jury fédéral d'Oakland a statué : déposée trop tard, la plainte d'Elon Musk est irrecevable. Le dernier obstacle à l'entrée en Bourse d'OpenAI est levé -
Rencontre Xi-Trump : la Chine impose un nouveau rapport de force
Le sommet entre les présidents américains et chinois à Pékin a acté l’émergence d’une « co-hégémonie » des deux pays sur le monde -
La Fabrique de l'Opinion« Ce qui se joue aujourd'hui avec les wokismes de gauche et de droite, c'est une contestation de la légitimité du débat démocratique »
Thibault Muzergues, essayiste libéral-conservateur, analyse la façon dont une frange de la droite adopte les méthodes qu'elle reproche à la gauche et appelle les libéraux à sortir de l'ambiguïté.