Paris unit ses forces pour simplifier le post-marché sur les titres de PME
La Place de Paris passe de la réflexion à l’action sur la blockchain. En marge de la grand-messe annuelle du secteur financier, des banques et infrastructures de marché ont annoncé la création de la société LiquidShare pour exploiter le potentiel d’un registre virtuel de données distribuées et partagées entre des parties, pour le traitement post-négociation des titres de PME cotées et non cotées. Les actionnaires qui de sources financières ont investi à parts égales dans la société pour un total de 15 millions d’euros, sont BNP Paribas, Société Générale, Caceis, la Caisse des Dépôts, Euroclear, S2iEM (la Sicav de place gérée par OFI AM) et enfin Euronext qui a coordonné les travaux, soutenus par Paris Europlace. Ces acteurs, à l’exception de Caceis, qui a rejoint le projet en cours de route, s’étaient engagés à travailler ensemble il y a près d’un an.
LiquidShare cible les titres de PME non seulement parce qu’il s’agit d’un marché restreint mais aussi parce qu’«aujourd’hui tout le monde reconnaît que les coûts de transaction pour le règlement-livraison de titres de PME sont trop importants», explique Thibaud de Maintenant, qui a été nommé directeur général de l’entreprise après être passé par Deutsche Bank. LiquidShare, qui sera présidée par le patron d’Euronext Paris, Anthony Attia, devrait compter une quinzaine de personnes et s’installera dans un incubateur parisien.
Plutôt que d’optimiser l’existant, la société veut repenser le système de post-marché grâce à une blockchain privée. «On va réduire le nombre d’intervenants et permettre une meilleure individualisation de la relation entre les actionnaires finaux et la société», explique Thibaud de Maintenant. Il s’agit «de simplifier les processus et d’apporter une plus grande transparence», complète la patronne d’Euroclear France, Brigitte Daurelle. A ses yeux, l’avènement de la blockchain ne devrait pas pour autant signer la mort du dépositaire central car «on continuera à avoir besoin d’un tiers de confiance» même s’il pourrait avoir à «se réinventer». LiquidShare estime aussi que la blockchain pourrait permettre un règlement-livraison en temps réel plutôt qu’à J+2.
Pour l’instant, le projet en est au stade de l’esquisse. LiquidShare va travailler sur des questions technologiques mais aussi réglementaires pour garantir la sécurité juridique des opérations. La société, qui se dit ouverte à d’autres actionnaires, aimerait dans l’idéal avoir un système opérationnel en 2019.
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