ING France veut repartir de l’avant dans la banque de détail
A l’été 2015, ING Direct était la première banque en ligne française à revendiquer un million de clients particuliers. Depuis, leur nombre serait resté «stable», alors que Boursorama a atteint à son tour la barre du million ce mois-ci. Le site cBanque évoque, lui, une baisse de 2% en 2016.
«Nous disposons désormais d’une base stable pour développer des relations durables. Nous voulons passer du volume à la ‘value’», a déclaré vendredi lors d’un point presse Karien van Gennip, directeur général d’ING Bank France, qui regroupe ING Direct et le wholesale banking (banque de financement). Ce changement de stratégie a conduit l’an dernier à la facturation du compte courant. «Certains clients ont augmenté leurs épargne ou leurs versements mensuels pour ne pas payer, d’autres payent 5 euros par mois pour avoir une carte Gold. Nous avons aussi perdu des clients qui étaient moins intéressants pour nous», assure la dirigeante. ING Direct totaliserait 320.000 comptes courants, mais ne précise pas la part de comptes principaux (domiciliation des revenus).
Après sa pause de 2016, la banque vise «50.000 clients principaux nets en 2017», indique Karien van Gennip. Alors qu’ING France se réorganise, en regroupant notamment ses deux centres d’appels et en supprimant 40 postes en net sur 615, la succursale veut profiter de l’entrée en vigueur, le 6 février, des nouvelles règles sur la mobilité bancaire de la loi Macron. L’inventeur du «livret épargne orange» juge aussi l’arrivée d’Orange Bank comme une «opportunité pour développer le marché en ligne», très minoritaire en France. L’offensive de l’opérateur télécoms pousse néanmoins ING Direct à relancer une campagne de publicité et à étoffer son offre. La banque va bientôt proposer du crédit à la consommation et rénover son offre de parrainage et de primes. Après avoir «testé» le crédit immobilier en ligne depuis avril 2015, elle va passer par des courtiers pour augmenter sa production. ING Direct ne dévoile pas ses objectifs pour cet outil de conquête traditionnel des banques en dur, mais dispose de vastes ressources.
La baisse des taux a toutefois fait reculer ses encours d’épargne bilantielle, passés depuis 2013 de 10 milliards d’euros à 9 milliards environ. En parallèle, les encours de crédits aux entreprises et pour le financement de projets ont crû de 3 à 7 milliards d’euros. ING France vise un stock de prêts corporates de 10 milliards en 2020 pour porter son ratio de prêts sur dépôts de 70-80% à 100%.
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