L’UFC-Que Choisir met à l’index les pratiques du crowdlending
Le financement participatif reçoit un carton jaune pour ses pratiques de la part de l’UFC-Que Choisir. Dans une étude publiée hier, l’association de défense des consommateurs dénonce des taux de rendements plus faibles que communiqués avec un risque significatif de perte en capital, mais aussi des clauses jugées abusives et/ou illicites dans les conditions générales d’utilisation des plates-formes de prêts aux PME passées au crible. L’étude de l’association, menée sur un échantillon de 1.158 prêts à 337 entreprises sur 17 plates-formes disposant du statut d’intermédiaire en financements participatifs, met l’index sur une pratique en pleine ascension. Les prêts participatifs ont ainsi augmenté de 60% sur l’année 2016 pour atteindre un montant de 443 millions d’euros qui avait déjà doublé en 2015.
L’étude estime le taux des défauts constatés sur les prêts financés depuis au moins un an à 11,2%, un niveau 5 à 10 fois supérieur à l’estimation de 1% à 2% faite par la plate-forme Unilend en 2014 sur la base du taux de défaut des PME. En outre, si le rendement promis peut atteindre jusqu’à 7%, l’étude dépeint des niveaux de 0,33% à 1,6%, une fois les défauts et la fiscalité déduits. «Depuis le premier prêt réalisé en avril 2015, Lendix a prêté plus de 62 millions d’euros à 190 PME françaises, le taux de rendement est de 6,3% pour un taux de défaut de 0,11%», défend Olivier Goy, le fondateur de Lendix. De son côté, Unilend affiche dans sa rubrique statistiques un taux de défaut total de plus de 8% en nombre d’entreprises et détaille le total du capital en défaut et/ou en retard de 2013 à 2017.
Face à ce constat, et «soucieuse d’obtenir un assainissement du système de financement participatif», l’UFC-Que Choisir a saisi l’ACPR pour s’assurer du respect par les plates-formes de leurs obligations légales d’information et qu’elle sanctionne les manquements persistants. L’association met également en demeure Lendix, Unilend, Lendopolis, Pretup, Bolden et Prexem de purger leurs conditions générales d’utilisation des clauses jugées abusives qu’elles contiennent et se réserve le droit d‘agir en justice à défaut d’une réponse satisfaisante. Elle exhorte enfin les pouvoirs publics de légiférer pour «obliger les plates-formes à fournir une information pertinente et impartiale quant aux rendements auxquels les consommateurs peuvent objectivement s’attendre et aux risques encourus».
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