La Chine libéralise un peu plus ses marchés financiers
La Chine fait un pas de plus vers la libéralisation de son économie. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a officialisé hier la construction d’un second pont entre les marchés d’actions du pays et les investisseurs internationaux. Après le lien constitué en novembre 2014 entre Hong Kong et la Bourse de Shanghai, une liaison sera nouée entre Hong Kong et Shenzhen. Aucune date officielle n’a été avancée mais le pont devrait être opérationnel d’ici à la fin de l’année, potentiellement dès novembre, une fois tous les tests techniques effectués.
Le Shanghai-Hong Kong Connect n’a pas rencontré tout le succès escompté, seulement un quart des quotas d’investissement ayant été utilisés. Mais selon Li Keqiang, il «a jeté les bases pour la création de cette nouvelle connexion. Cela démontre que le marché des capitaux chinois a franchi une étape supplémentaire importante en termes de régulation, d’ouverture et d’internationalisation, avec de nombreuses implications positives». Les investisseurs internationaux représenteraient seulement 2% des marchés chinois continentaux.
Attendue depuis plusieurs mois, cette nouvelle connexion a été retardée par les turbulences traversées en un an par les marchés actions d’chinois, engendrées par le ralentissement de la croissance économique, par la dévaluation du yuan en août 2015 et par la spéculation des investisseurs particuliers. Dans ce contexte, les autorités craignaient que l’ouverture d’un nouveau canal serve avant tout aux Chinois pour transférer leurs actifs vers l’étranger.
«Le Shenzhen Connect a deux qualités: d’une part, il démontre que les inquiétudes de Pékin concernant les fuites de réserves de changes se sont apaisées; d’autre part, de façon plus pragmatique, il donne un meilleur accès au marché chinois», explique Erwin Sanft, économiste chez Macquarie.
Malgré leur chute (21% pour Shanghai en un an, -12% pour Shenzhen), avec leur 7.400 milliards de dollars de capitalisation cumulée, les Bourses chinoises constituent le deuxième marché actions en valeur derrière le S&P 500 (19.700 milliards). A la différence de Shanghai, constitué principalement de groupes d’Etat ou de banques, Shenzhen compte avant tout des sociétés de technologies ou des start-up.
Avec ce nouveau pont vers l’extérieur, Pékin envoie un signal d’ouverture important alors que MSCI, le premier fournisseur mondial d’indices, a refusé en juin dernier d’intégrer les actions chinoises dans ses indices.
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