La BCE assouplit les critères de ses achats d’actifs
La Banque centrale européenne (BCE) veut étendre son programme d’achats d’actifs (Quantitative easing) aux obligations d’une maturité d’un an au lieu de deux ans actuellement, ainsi qu’aux actifs dont le rendement est inférieur au taux de dépôt (actuellement de -0,4%), a indiqué, jeudi, le président de l’institut d'émission, Mario Draghi, lors d’une conférence de presse. Selon lui, la BCE est prête à agir «avec tous les instruments si nécessaire».
Dans les minutes qui ont précédé la conférence de presse, la BCE a annoncé le maintien de ses taux directeurs et une prolongation de son programme d’achats d’actifs dont le montant sera toutefois réduit. Au lieu de 80 milliards d’euros par mois jusqu'à mars 2017, le programme sera prolongé de 9 mois jusqu’en décembre 2017, «ou au-delà si nécessaire». Les achats s'élèveront à 60 milliards d’euros à compter d’avril 2017. La banque centrale se laisse la possibilité d’augmenter à nouveau la taille ou la durée de son programme d’achats en cas de dégradation des perspectives d’inflation.
Les nouvelles modalités d’achat d’actifs, qui prendront effet dès le 1er janvier, devraient permettre d'éviter le risque de pénurie de titres que la BCE redoutait ces derniers mois.
Commentant les mesures annoncées, Mario Draghi a souligné que l’ «objectif est d’instiller le sentiment que la BCE sera présente sur les marchés pour longtemps. Donc une présence durable est aussi le message de la décision d’aujourd’hui. C’est pour cela que le tapering n’a pas été discuté.»
Sur le front de l’inflation, Mario Draghi ne s’attend plus au retour d’une inflation proche de 2% avant 2020, le taux cible de la BCE. Cette année, le taux d’inflation sera de 0,2%. L’an prochain, ce taux devrait atteindre 1,3% et non plus 1,2% comme espéré en septembre. En 2018, il n’atteindrait que 1,5%. Et en 2019, l’inflation augmenterait de 1,7% seulement.
Concernant la croissance, l’institution de Francfort a révisé en légère hausse ses prévisions à 1,7% en 2016 et en 2017 (contre 1,6% prévu en septembre). En 2018, la croissance s'élèverait à 1,6% tout comme en 2019.
Le taux de refinancement, principal taux directeur de la BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0,4% et le taux de prêt marginal à 0,25%.
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