Aux Etats-Unis, 178.000 nouveaux postes ont été créés le mois dernier alors que les économistes en attendaient moins de 60.000. En février, la dynamique a en revanche été encore plus mauvaise qu'estimé initialement.
Tout comme les analystes n’étaient pas clairs sur les objectifs qui ont mené le président des Etats-Unis à déclencher la guerre en Iran, ils ne sont pas non plus d’accord sur les pressions qui le pousseront à l’arrêter. Au-delà des deux tiers d’Américains qui souhaitent une fin rapide, les raisons peuvent être multiples.
La bataille juridique de l’administration Trump contre la Fed se prolonge en un débat sur le successeur de Jerome Powell. L’hypothèse que le candidat nommé par Donald Trump ne soit pas confirmé par le Sénat d'ici au 15 mai n’est pas écartée.
L’Organisation de coopération et de développement économiques conserve sa prévision de croissance de 2,9 % pour 2026 mais prévoit un chiffre de 3 % au lieu de 3,1 % pour 2027, misant sur l’atténuation progressive des perturbations dans les approvisionnements en énergie.
Certains Européens continuent d’afficher un attachement de façade au compromis tarifaire conclu l'été dernier afin de ne pas froisser l’administration américaine. Cependant, l’invalidation des tarifs « réciproques » par la Cour Suprême américaine suscite de profonds doutes sur la capacité de Donald Trump à respecter sa propre part du marché.
Les Etats-Unis devraient prochainement informer le Congrès d'un projet de consortium d’investissement avec des fonds souverains et des institutionnels. L'objectif est de doter la première puissance mondiale des moyens de protéger sa chaine d’approvisionnement en énergie et en minerais critiques, menacée par la guerre en Iran.
Le groupe français s’est engagé auprès de l’administration Trump à abandonner ses projets dans l'éolien en mer et à investir en parallèle dans de nouvelles installations d’hydrocarbures.
La Maison-Blanche et Wall Street se concentrent sur les cours du pétrole WTI, qui ont moins augmenté jusqu’à présent, et même décroché en milieu de semaine dernière. Pour autant, ce n’est pas forcément la référence la plus importante aux Etats-Unis, où la production de carburants lourds comme le diesel et le kérosène nécessite l’importation de pétroles plus adaptés.
A rebours de la trajectoire américaine, riche en investissement mais désormais appauvrie en emplois, la transformation numérique européenne se révèle fortement créatrice d’emplois, relèvent Sylvain Broyer, Chief EMEA Economist, et Satyam Panday, Chief US Economist, S&P Global Ratings. Plusieurs facteurs sont à l’œuvre.
Parmi les mesures envisagées figure la suspension temporaire du Jones Act, qui permettrait à des navires étrangers de caboter et de livrer du pétrole aux États-Unis, avec des effets qui risquent d’être à peine perceptibles.
Malgré des chiffres décevants sur l’emploi et la croissance, la banque centrale attendra de voir les effets de la guerre en Iran sur l’inflation. Les marchés ont d’ailleurs pratiquement effacé les deux baisses de taux qu’ils prévoyaient encore pour 2026.
Alors que la guerre en Iran se prolonge, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a expliqué que les Etats-Unis vont relancer des enquêtes sur une quinzaine de pays pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales. De quoi ajouter encore du désordre au chaos ambiant.
Les effets des droits de douane n’apparaissent plus trop dans l’inflation des biens en février. Ceux de la guerre en Iran n’apparaissent pas encore, tandis que les prix des services semblent continuer à ralentir doucement.
Le rapport du département américain du Travail a enregistré 92.000 destructions d’emplois en février, avec des révisions négatives pour décembre et pour janvier. Des intempéries et des grèves ont un peu noirci le tableau, tandis qu’un recul du taux de participation évite au taux de chômage de s’envoler.
Le prix de l’essence à la pompe aux Etats-Unis a fortement augmenté depuis le début de la guerre en Iran, jusqu’à un plus haut niveau depuis septembre 2024. Ce choc tombe en pleine période de transition - déjà coûteuse - des raffineries qui font évoluer leurs méthodes de production chaque année au printemps pour proposer une essence adaptée aux températures d'été.