Vivarte et SoLocal, les deux bombes à retardement
Entre une paire de bottes et un annuaire téléphonique, il y a plus de points communs qu’on ne le croit. Vivarte, le groupe d’habillement et de chaussures, et SoLocal, l’ancien Pages Jaunes, traversent tous deux des difficultés financières doublées d’une crise de gouvernance. Le propriétaire des enseignes La Halle et San Marina s’est séparé la semaine dernière de Stéphane Maquaire, son directeur général, le troisième en quatre ans. Le dirigeant avait pris ses fonctions il y a seulement 6 mois pour relancer le distributeur, car les ventes de Vivarte sont à la peine depuis plusieurs années en France.
De son côté, SoLocal fait l’objet d’une lutte de pouvoir entre sa direction et des actionnaires minoritaires, qui ont réussi à bloquer en assemblée générale le projet de restructuration financière du groupe. Actionnaires et créanciers doivent se retrouver ce mercredi 2 novembre au tribunal de Commerce pour tenter d’aligner leurs positions et redonner un peu d’air à SoLocal.
L’excès d’endettement est en effet au cœur des problèmes des deux groupes : il atteint 1 milliard et demi d’euros chez Vivarte, 1,2 milliard chez SoLocal. Les deux entreprises ont hérité ce fardeau de leur rachat par des fonds d’investissement il y a quelques années. Les bénéfices devaient alors permettre de rembourser la dette au fil de l’eau, mais l’activité n’a pas été à la hauteur des espérances. Une première restructuration de dette a seulement permis de gagner du temps, pas de régler le problème. Pourtant Vivarte et SoLocal sont rentables, mais elles ne dégagent pas assez de cash pour faire face à leurs échéances et surtout investir dans leur développement.
Entre les actionnaires, les créanciers, dont certains sont aussi présents au capital, et les salariés, quelqu’un devra donc payer la note. Toute la question est de savoir qui et dans quelles proportions. Le sujet est socialement explosif : Vivarte emploie environ 17.000 collaborateurs et SoLocal 4.400 en France. Il s’agit en majorité de postes situés en région et peu qualifiés. Il sera difficile de vendre à l’opinion publique des licenciements massifs destinés à réparer les excès d’une certaine finance. Toutes les conditions sont donc réunies pour que les politiques s’emparent du dossier.
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