Polestar, concurrent européen de Tesla, arrive à Wall Street
La fièvre américaine des Spac est beau être légèrement retombée ces derniers mois, certains gérants conservent la confiance des investisseurs. C’est notamment le cas du milliardaire hyperactif Alec Gores, figure réputée du capital-investissement, à l’origine d’une petite quinzaine de Spac. L’un d’eux est sorti de terre grâce au soutien de Guggenheim Partners et s’apprête à fusionner avec le fabricant suédois de voitures électriques haut de gamme Polestar, dans le cadre d’une transaction à près de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros).
Gores Guggenheim (ledit Spac) avait levé 800 millions de dollars un peu plus tôt dans l’année. Cette somme viendra donc gonfler le bilan du constructeur automobile, qui bénéficiera en sus de 250 millions de dollars apportés par des investisseurs institutionnels. La taille de l’opération impressionne. Notamment connu pour avoir à son capital Leonardo DiCaprio, Polestar a été fondé il y a seulement quatre ans par Volvo Cars et son propriétaire chinois Geely, bien décidé à marcher sur les plates-bandes de Tesla. Mais à ce jour, il ne commercialise en Europe, en Amérique et en Asie que deux modèles : Polestar 1, une voiture hybride, et Polestar 2, 100 % électrique. Des véhicules écoulés à environ 10.000 exemplaires l’an dernier… contre près de 500.000 du côté de son grand rival américain.
Deux fois la valorisation de Renault
Des ventes particulièrement modestes, surtout si on les compare à des constructeurs traditionnels comme Renault. En 2020, la marque au losange a en effet commercialisé un peu moins de 3 millions de voitures, mais s’avère deux fois moins bien valorisée que Polestar – dont la commercialisation dans l’Hexagone est bloquée en raison de la ressemblance avec le logo de Citröen. La jeune pousse suédoise affiche cependant de grandes ambitions. Elle vise 1,6 milliard de chiffre d’affaires cette année et compte franchir la barre des 6 milliards d’ici 2023. Cela notamment sous l’effet de la commercialisation à venir de son troisième modèle de véhicule, le SUV Polestar 3, et du passage de 14 à 30 marchés. Fabricant ses véhicules à Chengdu, en Chine, Polestar a levé au début du deuxième trimestre 550 millions de dollars auprès d’investisseurs chinois et se prépare désormais à ouvrir une usine aux Etats-Unis, en Caroline du Sud.
Alec Gores n’en est pas à son premier coup dans l’univers automobile. L’an dernier, l’un de ses Spac a trouvé un accord avec Luminar Technologies, alors valorisé 3,4 milliards de dollars.
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