Les boulangeries Marie Blachère sont à vendre
Commerce de proximité par excellence, la boulangerie est le plus souvent l’affaire d’indépendants ne disposant que d’une unique boutique. Plusieurs grands réseaux ont toutefois émergé au cours des dernières décennies, à l’instar de Paul, La Mie Câline, Brioche Dorée… ou Marie Blachère. Cette dernière enseigne, créée il y a un peu moins de vingt ans par Bernard Blachère (père de Marie), s’apprête à tourner une page de son histoire. Selon nos informations, le dirigeant-fondateur du plus grand réseau de boulangeries de France a mandaté Crédit Agricole CIB et le bureau parisien de Centerview Partners, piloté par Matthieu Pigasse. De grands fonds de private equity prévoient de se pencher sur le dossier. Mais ils ne devraient pas être les seuls. En effet, plusieurs sources mentionnent une vente de l’intégralité du capital du groupe, ce qui pourrait laisser la voie à un adossement auprès d’un industriel.
100 millions d’euros d’Ebitda
Pour s’offrir Marie Blachère, le chèque risque cependant d’être particulièrement élevé. L’enseigne de boulangerie-pâtisserie est à la tête d’un empire de 670 boulangeries, pour un chiffre d’affaires d’environ 780 millions d’euros et un Ebitda avoisinant 100 millions. «Avec une telle rentabilité, le groupe familial peut s’attendre à être valorisé plus d’un milliard d’euros», estime un banquier.
La recette de Marie Blachère ? Avoir misé sur une présentation de ses produits comme au marché, orientée vers le client. Un concept proche de celui de Grand Frais, avec lequel un premier partenariat est signé dès 2008. Depuis, les deux enseignes sont indissociables. La pépite créée par Bernard Blachère a ainsi pleinement profité de la croissance vertigineuse du trublion des supermarchés.
Constitué de pôles d’activités tous indépendants, Grand Frais a confié ses rayons boucheries à une entité contrôlée par la famille Despinasse. L’activité épicerie, détenue par Euro Ethnic Foods, a pour sa part été rachetée plus d’un milliard d’euros par PAI Partners fin 2020, tandis que Prosol – le pôle fruits et légumes, poissonnerie et crèmerie – devrait être remis en vente cette année. Cette structure créée par Denis Dumont et détenue par Ardian depuis 2017 avait fait l’objet d’un processus de cession en 2020, comme l’avait à l’époque révélé L’Agefi. Le prix de 4 milliards d’euros avait toutefois refroidi nombre d’acquéreurs potentiels, contraignant Ardian à se contenter d’une dividend recap l’an passé.
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