Le LBO sur Veritas pourrait retenter sa chance
Une fenêtre s’ouvre de nouveau pour le refinancement du LBO de Carlyle sur Veritas. Après avoir ajourné l’opération une première fois en novembre, les banques arrangeuses Bank of America et Morgan Stanley auraient recommencé à sonder les investisseurs, selon Bloomberg. Dans le sillage de la renégociation du prix intervenue en janvier, le montant des émissions devrait être inférieur aux 5,5 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) de dette évoqués initialement par le marché.
Le succès de l’opération mettrait un point final au plus important LBO de 2015. Annoncé en août, le rachat par Carlyle de l’unité spécialisée dans le stockage de données de Symantec devait initialement se faire moyennant une valorisation de 8 milliards de dollars. Epaulé par le fonds souverain GIC, Carlyle avait finalement obtenu fin janvier un rabais de 1 milliard de dollars au closing du rachat. La proportion de capital dans la structure du LBO augmentait alors de 33% à 40%, selon Bloomberg.
Les raisons de ce revirement ont été mises sur le compte d’un «environnement difficile» par le PDG de Symantec, Michael Brown. Au-delà d’une éventuelle baisse des résultats de la société, le LBO sur Veritas a surtout lancé une alerte aux marchés du high yield et du leveraged loan américains. A l’automne, les banques arrangeuses ont en effet jeté l’éponge face aux exigences des investisseurs. Sur la tranche obligataire non sécurisée, un rendement de 11,5% était demandé, mettant en danger le montage. Après ce fiasco, le refinancement a été mis entre parenthèses, dans l’attente du closing et de jours meilleurs. Les turbulences de février sur les marchés financiers ont cependant encore refroidi les ardeurs des banquiers face à l’effondrement des prix. Sur le segment du loan américain, l’indice de prix S&P LSTA stationnait mi-février à 85,9%, son plus bas niveau depuis décembre 2009. Désormais à 91%, il a repris de la hauteur mais demeure loin des 96% en vigueur début 2015.
Dans des conditions de marché désormais plus favorables, les conditions de financement du LBO sur Veritas seront attentivement scrutées. Dans le sillage de la renégociation du prix, les banques arrangeuses ont obtenu un assouplissement des conditions de l’opération. La plus grande flexibilité accordée à Bank of America et Morgan Stanley pour négocier le refinancement du plus gros LBO de 2015 pourrait se traduire par des décotes significatives.
{"title":"","image":"110920»,"legend":"","credit":"Illustration L’Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds souverain saoudien finalise le rachat d'Electronic Arts
L'éditeur américain de jeux vidéo, propriétaire des franchises EA Sports FC et Battlefield, a quitté le Nasdaq après la finalisation d'un rachat valorisé 55 milliards de dollars. -
Glencore se laisse charmer par une cotation aux antipodes
Jusqu’ici coté seulement à Londres, le géant minier et de négoce fait le choix d’une cotation secondaire à Sydney. Avec l’espoir de capter de meilleurs multiples de valorisation. -
La vente d’Idex à moins de 4 milliards d’euros interroge le marché
Tripler la valeur d'un actif tout en vendant en dessous de sa valorisation interne : c'est le paradoxe de la cession d'Idex par Antin Infrastructure Partners à JPMorgan Asset Management.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- TotalEnergies multiplie les arbitrages dans les énergies renouvelables
- Wendel confirme la montée en puissance du compte de tiers
- La vente d’Idex à moins de 4 milliards d’euros interroge le marché
- Blue Owl porte ses encours à 319 milliards de dollars
- Tikehau Capital mise sur l'amélioration de sa rentabilité
Contenu de nos partenaires
-
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme -
CouscoussièrePourquoi la classe politique reste si dépendante au réseau social X
Malgré les appels au boycott, le réseau social d’Elon Musk demeure incontournable avec près de 600 millions d’utilisateurs actifs. Seuls quelques puristes à l’image de Sandrine Rousseau ont migré sur Bluesky, sacrifiant un peu de leur visibilité médiatique au nom de leurs valeurs.