Symantec se déleste de Veritas auprès de Carlyle pour retrouver une nouvelle jeunesse
Symantec avait déboursé 13 milliards de dollars en 2005 pour s’emparer de Veritas. Il ne récupérera que 6,3 milliards nets de sa revente à un consortium d’investisseurs dirigé par Carlyle. Mais le groupe d’informatique, dont le plan initial annoncé en octobre 2014 prévoyait plutôt une scission de sa division de stockage, voulait à tout prix recentrer son activité et ses ressources vers les logiciels de sécurité afin de s’adapter à l’évolution de son marché bousculé par l’usage des smartphones et des objets connectés.
Encore très dépendantes du secteur déclinant des PC, les ventes d’antivirus de Symantec pour le grand public ont chuté de 13% à taux de change comparable au deuxième trimestre 2015.
«L’opération renforce notre situation financière, permettant à Symantec de croître dans les activités de sécurité et de conforter sa position de numéro un mondial», explique Michael A. Brown, le PDG du groupe américain. Le conseil d’administration de Symantec a déjà prévu d’augmenter de 1,5 milliard de dollars le montant du programme de rachats d’actions, pour le porter à 2,6 milliards au total. 2 milliards seront réalisés dans les 18 mois suivant la signature définitive de la vente de Veritas. Même après la sortie de la filiale de son périmètre, le groupe continuera en parallèle à verser 15 cents de dividende annuel, «ce qui représente une très forte augmentation du taux de distribution des bénéfices». Symantec estime ainsi qu’il aura reversé à ses actionnaires à moyen terme 120% du montant de la cession de Veritas, après impôts.
Avec cette opération, Carlyle confirme son appétit pour les sociétés de technologie, secteur dans lequel il dit avoir engagé depuis sa création 18 milliards de dollars au total, auprès de 243 sociétés. Le fonds américain, épaulé pour l’occasion par plusieurs co-investisseurs dont le fonds souverain de Singapour GIC, réalise le plus gros LBO de l’année du secteur. L’opération valorise Veritas 8 milliards de dollars, dans le haut de la fourchette de prix qui avait été évoquée au moment de l’annonce de la scission de Symantec.
L’opération devrait être bouclée d’ici la fin de l’année. BofA Merrill Lynch, Morgan Stanley et UBS conseillent Carlyle et GIC. Ces banques, ainsi que Jefferies, apporteront aux deux fonds les financements nécessaires. Symantec est conseillé par JPMorgan.
Plus d'articles du même thème
-
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?