Apollo confirme l’appétit du private equity pour l’assurance
Apollo Global Management apporte une nouvelle preuve de l’engouement du capital-investissement pour l’assurance. La société américaine de private equity a annoncé hier le rachat de l’assureur bermudien Aspen, spécialisé dans les risques complexes des entreprises, pour 2,6 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros). Cette opération s’ajoute à d’autres transactions du même type dévoilées ce mois-ci. Début août, Cinven avait acquis Axa Life Europe, la plate-forme de l’assureur français spécialisée dans les contrats d’assurance-vie à annuités variables en Europe, pour 1,165 milliard d’euros. Le même jour, Carlyle avait pris 19,9% de DSA Re, le portefeuille d’activités gérées en extinction (run off) d’AIG.
Deux semaines plus tard, c’était au tour de l’assureur britannique esure d’annoncer sa reprise par Bain Capital, pour 1,7 milliard de livres (1,9 milliard d’euros). Au Royaume-Uni toujours, le comparateur d’assureurs GoCompare.com fait depuis plusieurs semaines l’objet de marques d’intérêt de la part de plusieurs investisseurs, en particulier de fonds de private equity, comme KKR, selon Bloomberg.
Autant d’opérations en cours ou potentielles qui confirment le poids croissant des acteurs du capital-investissement dans les fusions-acquisitions ayant pour cible des assureurs, notamment dans les activités vie. Peu avant le rachat d’Axa Life Europe, Cinven, en partenariat avec Hannover Re, avait acquis un portefeuille d’assurance-vie en Allemagne auprès de Generali, après s’être emparé en 2017 d’Eurovita en Italie. Athora, propriété d’Apollo, a de son côté mis la main en avril dernier sur des activités d’assurance-vie en Irlande et en Belgique. L’objectif de ces build-up étant de rassembler plusieurs portefeuilles d’assurance-vie au sein d’une même entité afin d’en abaisser les coûts.
Plus largement, les fonds de capital-investissement lorgnent les primes des compagnies d’assurances et trouvent dans ces acquisitions le moyen d’augmenter leurs actifs sous gestion. «Le private equity continue à faire preuve d’un intérêt significatif pour les pans les plus dynamiques du secteur, comme les assurtech et le run off, mais également pour les courtiers, qui bénéficient d’un taux de fidélisation élevé de leurs clients, réalisent des revenus robustes et génèrent des capacités d’autofinancement régulières», précise le cabinet d’avocats Sidley dans son rapport 2018 sur l’assurance. Autant de qualités qui correspondent bien aux impératifs d’investissement du private equity.
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