Amundi offre une seconde vie à CEA Investissement
Amundi fait coup double. La société de gestion se dote d’une filiale de capital-risque et décroche ainsi le mandat de gestion d’un des deux fonds d’innovation de 50 millions d’euros dévoilés la semaine dernière par le Crédit Agricole, sa maison mère. Le numéro un européen de la gestion d’actifs a annoncé hier la création d’une coentreprise avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), baptisée Supernova Invest.
Détenue à 40% par Amundi, à 40% par le CEA et à 20% par l'équipe, elle reprend les fonds actuels de la société CEA Investissement et gérera de nouveaux fonds de capital-risque pour compte de tiers, notamment le fonds Crédit Agricole Innovations et Territoires.
Cet attelage inédit répond à des manques identifiés chez les deux partenaires. Au sein de son pôle d’actifs réels et alternatifs, Amundi retrouve une expertise dans le capital-innovation, dont il avait été privé par la vente de Crédit Agricole Private Equity en 2012. De son côté, le CEA répond à une «obligation réglementaire», explique l’administrateur général adjoint Christophe Gégout, également président de CEA Investissement. Cette structure devait décrocher un agrément de société de gestion après avoir lancé un fonds d’amorçage en 2013, grâce au soutien de Bpifrance. Problème, l’Autorité des marchés financiers refusait d’accorder ce sésame à une filiale à 100% d’un établissement public, susceptible d’interférer dans les décisions de gestion. «Nous voulions aussi aller chercher de l’argent à l’extérieur», ajoute Christophe Gégout, sachant que les ressources du CEA dépendent de l’Etat et des capacités de ses principaux clients, EDF et Areva, actuellement sous tension. Pour trouver des «relais de croissance», les missions de l’établissement ont été étendues en 2016 au «soutien de la réindustrialisation» de la France.
Le partenariat entre, d’une part, le spécialiste des «deep techs» via des spin-off industriels et l’émancipation d’équipes de recherche et, d’autre part, l’écosystème de la banque verte, s’est noué à Grenoble. CEA Investissement y est installé sur le même site que le futur «Village» de start-up du Crédit Agricole Sud Rhône Alpes.
Supernova Invest démarrera avec une dizaine de collaborateurs emmenés par Régis Saleur. Elle gérera 230 millions d’euros, en incluant un fonds de 70 millions qui sera bientôt annoncé. La coentreprise vise un milliard d’encours sous trois ans, en se concentrant sur la «deep tech» pour se démarquer des fonds spécialistes du numérique.
Plus d'articles du même thème
-
Allianz met un ticket dans le fonds de croissance européenne deep-tech lancé par Bruxelles
L’assureur allemand avait signé une lettre d’intention dès le mois de février pour participer en tant qu’investisseur fondateur à ce fonds destiné au financement des pousses les plus prometteuses de la deep-tech européenne. -
Benoit de Kerleau (Flexstone) : « On assiste à une bifurcation sur le marché des levées »
A l'occasion de l'Ipem, le managing partner du gérant affilié de Natixis Investment Managers évoque la santé du marché du private equity, l'appétit des investisseurs particuliers pour la classe d'actifs ainsi que leur dernière acquisition aux États-Unis. -
La Maif enregistre une sortie partielle de la start-up HomeExchange
Le mutualiste avait investi dans la jeune pousse via son véhicule interne à impact Maif Avenir, désormais indépendant. L’assureur va poursuivre son accompagnement de la société auprès de ses nouveaux actionnaires.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- PSG Equity mise 4,4 milliards d’euros sur le secteur du logiciel européen
- Jérôme Calvet (Nomura) : «Le processus de cession a changé»
- La coentreprise de Google et Blackstone obtient un prêt bancaire de 22 milliards de dollars
- J.P. Morgan AM commercialise deux fonds evergreen pour la clientèle privée
- Kaiko boucle une levée de fonds de 110 millions de dollars
Contenu de nos partenaires
-
ExpertEntreprises en difficulté : « Le droit français est un îlot idéologisé »
Marc Sénéchal est mandataire judiciaire. Il décrypte l'évolution du droit français -
Think againLes « incapables » contre les « démagogues » : deux France cloisonnées
La crise du prix de l’essence tombe au plus mal car elle appelle des aides compensatrices que la crise financière dans laquelle est entrée la France cet été interdit. Ces deux crises tirent le gouvernement dans deux sens contraires de façon très puissante -
EXCLUSIF DérapageSécurité sociale : le gouvernement vise un déficit de 13 milliards d’euros en 2027
Pour revenir à ce niveau, qui se situe entre celui de 2023 et celui de 2024, il faudra accomplir un effort de réduction de 6 à 7 milliards d’euros