Deux ans après son LBO, le fabricant de profilés en alu est en vente. Prix estimé: un milliard d’euros. Astorg, PAI, Carlyle et CVC sont au deuxième tour d’enchères.
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Alexandre Garabedian
Le groupe Corialis a été fondé en 1984 sous le nom Aliplast en Belgique.
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Photo Corialis.
Corialis s’annonce comme le tube de l’automne. A peine deux ans après son rachat par le fonds Advent, le fabricant belge de profilés en aluminium pour les installateurs de portes et de fenêtres agite à nouveau le secteur des rachats avec effet de levier (LBO). La cession du groupe, confiée aux banque Rothschild & Co et Leonardo Belgique, est entrée en phase de deuxième tour, a appris L’Agefi de sources financières concordantes. Les fonds d’investissement Astorg, Carlyle, CVC Partners et PAI Partners seraient encore en lice, selon deux sources proches du dossier. Une autre évoque également la présence de l’américain TPG parmi les finalistes.
En deux ans, l’Ebitda de la société est passé d’environ 70 millions à un peu moins de 100 millions d’euros, car la part de marché des profilés en aluminium ne cesse de croître face au bois et au PVC. L’ancien Aliplast, connu en France sous la marque Profils Systèmes, pourrait être repris avec un multiple d’Ebitda à deux chiffres, ce qui placerait sa valeur d’entreprise à un milliard d’euros. «Certains fonds sont très agressifs», estime un proche du dossier. En 2014, Advent aurait valorisé Corialis entre 600 et 650 millions d’euros. De même, le financement de ce nouveau LBO pourrait faire ressortir un levier supérieur à celui d’il y a deux ans, qui tournait à l’époque autour de 5,5 fois l’Ebitda.
La médaille du succès a son revers. La forte croissance de Corialis ces deux dernières années est d’abord à mettre au compte du marché britannique, où le taux de pénétration des profilés en alu était très faible. Le Royaume-Uni représenterait aujourd’hui 40% des ventes. Un handicap potentiel à l’heure du Brexit, notamment en raison de l’effet devises sur les comptes, lié à la dépréciation de la livre. Le secteur de la construction a par ailleurs apporté son lot de déconvenues aux fonds de LBO ces dix dernières années. Corialis serait cependant porté par le marché de la rénovation plutôt que par celui de la construction, plus cyclique.
Dans tous les cas, Advent peut s’attendre à un happy end alors que ses premiers pas chez Corialis s’étaient révélés compliqués. Le net renchérissement des conditions de financement des LBO à l’été 2014 avait fait dérailler la syndication de dette. Les banques arrangeuses – Jefferies, UBS et Rabobank – avaient dû réviser deux fois les termes du financement en faveur des prêteurs pour faire aboutir la transaction.
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