Advent transige avec ses banques pour boucler le rachat de Corialis
Le fonds compte accroître l’internationalisation du fabricant belge de profilés en aluminium pour fenêtres. Les termes de la dette ont dû être ajustés.
Publié le
Alexandre Garabedian
Advent confirme son intérêt pour le secteur de la construction. Le fonds de capital investissement annonce ce matin la finalisation du rachat à Sagard et Ergon de Corialis, le fabricant de profilés en aluminium vendus aux installateurs de fenêtres et de portes. Société belge présente aussi en France, au Royaume-Uni et en Pologne, l’ancien Aliplast a réalisé sur 12 mois glissants à fin septembre un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros. La valeur d’entreprise n’est pas communiquée, mais se situerait, selon des sources de marché, entre 600 et 650 millions d’euros, pour un Ebitda de 70 millions. Les dirigeants, et notamment le DG, présent depuis 1998, ont réinvesti.
«Nous pouvons apporter à Corialis une puissance de feu supplémentaire pour qu’à un horizon de 5 à 7 ans, elle soit présente sur d’autres géographies. Des opérations de croissance externe de taille modeste pour prendre pied dans certains pays peuvent être envisagées», explique Michael Ogrinz, directeur chez Advent International à Paris. Bien que le secteur de la construction soit en bas de cycle, l’entreprise affiche une hausse moyenne de ses ventes de 7% par an depuis 2005. Elle profite de la croissance des profilés en aluminium par rapport au bois et au PVC: de 28% en Belgique, la part de marché de l’alu tombe à moins de 20% en France et à peine 4% au Royaume-Uni, où sa croissance a atteint 50% cette année.
Conseillé par Rothschild, Advent avait préempté début août la transaction, dans le cadre d’un processus d’enchères mené par Leonardo. Mais entre cette première signature et la syndication de la dette, achevée mi-octobre, le fonds a dû faire face au renchérissement des financements LBO. Les termes de la dette arrangée par Jefferies, Rabobank et UBS ont dû être ajustés à deux reprises, avec une hausse des marges et de la décote sur le pair, et l’inclusion d’une clause de capex (covenant) dans la documentation.
«Le réaménagement des termes de la dette s’est fait de manière consensuelle entre les banques arrangeuses et la société. Tout le monde avait intérêt à ce que la syndication se passe bien», indique Michael Ogrinz.
Corialis a finalement levé l’équivalent de 480 millions d’euros: une tranche senior de 318 millions payant Euribor +500 pb, une ligne de capex de 40 millions et une ligne renouvelable de 20 millions, et une tranche second-lien en sterling de 80 millions de livres à Libor +800 pb.
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