Biens indivis : la licitation n’est possible qu’avec l’accord de l’usufruitier
La nue-propriétaire de biens immobiliers détenus en indivision, sur lesquels un tiers disposait d’un usufruit, a été condamnée à payer à un créancier la somme de 13.945,43 euros à titre de loyers et d’indemnités d’occupation. En l’absence de paiement de sa créance, le créancier a demandé la licitation, à savoir la vente aux enchèresdes biens indivis, dans le cadre d’une action oblique - action qui permet à un créancier d’exercer, au nom de son débiteur, les droits et actions de celui-ci, lorsquecelui-ci ne les exerce pas.
La Cour d’appel de Poitiers a validé l’action, dans un arrêt du 14 février 2018, en retenant que le démembrement de propriété «n’interdit pas l’exercice de l’action oblique, qui n’est exercée que sur les droits de coïndivisaire en nue-propriété de la nue-propriétaire et que l’usufruitière verra son droit reporté sur le prix de vente».
Une décision infirmée par laCour de cassation, qui a retenu qu’en énonçant que le droit de l’usufruitière serait reporté sur le prix de vente, «la cour d’appel a nécessairement ordonné la licitation de la pleine propriété des biens litigieux malgré l’opposition, qu’elle constatait, de[l’]usufruitière». Aux visas des articles 621, 815-5, 815-17, et 1166 du code civil (dans sa rédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance du 10 février 2016), la Haute juridiction rappelle dans un attendu de principe que «le juge ne peut, à la demande du créancier personnel d’un indivisaire, ordonner la vente de la pleine propriété d’un bien grevé d’usufruit contre la volonté de l’usufruitier».
Cass. 1re civ., 13 juin 2019, n° 18-17.347, Publié au bulletin.
Plus d'articles du même thème
-
Sous les sommets du S&P 500, une réalité plus contrastée
Comme au début des années 2000, la performance des actions américaines apparaît très fragmentée. Si certains y voient un bulle cette situation peut aussi être résorbée par le rattrapage des valeurs en retard. -
Quand les taux dictent la hiérarchie des marchés
Dans un contexte de hausse des taux longs et de situation géopolitique toujours détériorée, les marchés européens ont été davantage pénalisés, notamment du fait du risque français et de l’envolée du spread OAT-Bund. -
La Cour des comptes pointe les limites du calcul de l’encadrement des loyers
Pour remédier aux failles constatées, la juridiction financière envisage une refonte en profondeur ou un retour à un encadrement reposant sur l’indice de référence des loyers.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- La grande illusion du conseil indépendant
- Benoît Renaud (Unofi) « Les clients des notaires n’ont jamais été autant demandeurs d’analyses patrimoniales »
- Les SCPI décotées pourraient mieux absorber la crise de l'immobilier
- AllianzGI domine la collecte des fonds français au troisième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Energique« Il incarne une forme de nouveauté » : qui sont les électeurs de David Lisnard ?
En progression dans les sondages, le candidat libéral à l'élection présidentielle devient une sérieuse épine dans le pied de Bruno Retailleau -
Meilleur contrôle des animateurs, nouvelle sanction pénale… Les recommandations du rapport du Sénat sur le périscolaire
Les parlementaires, réunis en commission, ont adopté à l’unanimité une série de préconisations visant à améliorer la prévention et le traitement des violences sexuelles en milieu périscolaire -
Petites lignesCe qui se cache derrière les 42 milliards d'économies sur les retraites de Bruno Retailleau
L'instauration d'un âge pivot à 65 ans rapporterait 12 milliards d'euros, selon le chiffrage du candidat lui-même. Autrement dit, il reste 30 milliards à trouver