L’inflation en zone euro atteint 2% en février, la BCE pas susceptible d’agir
Comme anticipé par les analystes, l’inflation en zone euros’est fixée à 2% en février en progression annuelle, soit le niveau fixé sur les mandats de la Banque centrale européenne (BCE) qui vise un niveau proche des 2% sur le moyen-long terme, «à l’objectif pour la première fois depuis quatre ans», constate l'économiste de Pictet WM Frédérik Ducrozet sur Twitter. Le mois dernier, le taux d’inflation était de 1,8%, rappelle Eurostat dans la publication officielle des chiffres ce jeudi 2 mars.
Dans les faits, cette inflation est surtout marquée par uneffet de base, à savoir une part très élevée liée à la progression récente des prix énergétiques, pétrole en tête (voir le graphique). Sur le mois de février, cette catégorie prise en compte dans le calcul de l’inflation a progressé de 9,2%. C'était déjà +8,1% en janvier. La deuxième progression la plus élevée est celle composée par l’alimentation, l’alcool et le tabac qui a pris 2,5% le mois dernier.
Hors énergie et produits alimentaires, le taux d’inflation est donc sans surprise bien plus faible, à 0,9%, à un niveau similaire à celui du mois dernier. Bien loin encore de l’objectif fixé par la BCE, proche mais inférieur à 2% sur l’ensemble de l’année. Une donnée rappelée à longueur de réunions de politique monétaire par Mario Draghi comme le niveausine qua non avant d’envisager un début de «tapering», un tarissement progressif du programme de rachat de dette souveraine et corporate.
Actuellement la BCE rachète chaque mois 80 milliards d’euros de dette d’Etats et d’entreprises de la zone euro, un niveau rabaissé à 60 milliards d’euros dès le mois d’avril et jusqu’en décembre. Mais l’institution laisse entendre clairement qu’elle ne s’interdit pas d’augmenter à nouveau le montant des rachats en cours d’année, ni de poursuivre sa politique après décembre si la situation l’exige.
Dans une récente interview vidéo à l’AgefiActifs.com, le chef économiste de Mirabaud AM Gero Jung juge que «l’inflation sous-jacente n’a pas bougé depuis janvier 2015», soit le début du QE,et va rester «relativement basse» cette année. Ce qui, selon lui, va encourager la BCE a poursuivre son programme de rachat de dette «au-delà de 2017», c’est-à-dire au-delà de la fin théorique du QE. D’après Gero Jung, l'écart de production (output gap) scruté par les banques centrales reste très élevé en comparaison avec les Etats-Unis où le taux de chômage est de 4,9% contre 9,6% en zone euro.
Plus d'articles du même thème
-
Petit à petit, la taxonomie européenne fait son nid au cœur des entreprises
KMPG avance que le seuil des 1.000 milliards d’euros d’investissements alignés a été franchi l’an dernier, dans un contexte réglementaire mouvant. -
Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
Parmi les objectifs du prochain plan stratégique 2027-2029 baptisé Growing forward, le déploiement massif de l’IA figure en bonne place. Les enjeux liés sont élevés, autant que les espoirs de l’assureur qui compte sur une mécanique d’industrialisation bien précise pour conquérir de nouvelles parts de marché. -
Plus de 135.000 personnes possèdent au moins un million de dollars en cryptomonnaies
Le cabinet Henley & Partners révèle que le nombre de détenteurs d'actifs numériques atteint un record de 742 millions d’utilisateurs. Parmi eux, 135.694 personnes possèdent au moins un million de dollars en cryptomonnaies, avec une prédominance du Bitcoin.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
« Un mauvais coup du Premier ministre » : où est passé le projet de loi sur les polices municipales ?
Le texte visant à élargir les pouvoirs des policiers municipaux patiente avant son inscription à l’Assemblée nationale. Le gouvernement reste muet malgré l’impatience du Sénat et des élus locaux. -
PromptitudeIA : l’Europe joue sa survie
Le retard européen est d’autant plus alarmant que l’intelligence artificielle est aussi stratégique – et potentiellement dévastatrice – que l’arme atomique hier -
Changement d'èreDéfense : le gouvernement vise 100 000 recrutements d'ici 2030, sur fond de déclin de l'automobile
L’exécutif souhaite développer le taux d’emploi dans la défense, porté par la nouvelle donne géopolitique. Énième reflet des mutations du tissu industriel tricolore, sur fond de déclin de l'industrie automobile