Les investisseurs se détournent du Brésil après un nouveau scandale de corruption
Au coeur d’une tempête après des révélations sur un nouveau scandale de corruption, le Brésil voit ses investisseurs s'éloigner à mesure que l’incertitude sur l’avenir de Michel Temer au pouvoir éloigne la faisabilité de ses principaux projets de réformes économiques.
Les stratèges de Société Générale ont ainsi affirmé mardi qu’ils sont passés à la vente sur leur panier de valeurs exposées au Brésil s’inquiétant des accusations de corruption qui pourraient peser sur le redressement de l'économie brésilienne. Dans ce panier figurent 16 valeurs dont le chiffre d’affaires et/ou les résultats sont significativement exposés au Brésil dont Renault, Edenred, Carrefour, Casino, Sodexo et Ingenico. Ces valeurs affichent aussi une sensibilité aux évolutions de l’indice boursier brésilien Bovespa. «Les récents évènements augmentent le risque d’un retard dans les réformes, en particulier concernant la réforme des retraites, critique pour le solde primaire», expliquent-ils ajoutant que «la volatilité pour ces actions devrait croître».
Les analystes de Saxo Banque estiment quant à eux que les investigations en cours pourraient remettre en cause le plan d’infrastructures en 2017 qui est perçu par les investisseurs étrangers comme crucial pour relancer l’économie. Cela dit, affirme la banque danoise, les réformes engagées par le gouvernement, en particulier celle concernant le régime de retraite, pourraient survivre à une destitution du président.
Dans ce contexte la banque centrale brésilienne fait office de rempart notamment sur le marché des changes. Le real s’est repris de 3,4% face au dollar depuis vendredi, ce qui lui a ainsi permis d’effacer 40% de sa chute encaissée sur la seule séance de jeudi dernier, grâce à l’intervention de la banque centrale (BCB). Le rendement des obligations d’Etat à 10 ans du pays libellées en dollar s’est détendu de 15 pb sur les 55 pb de hausse enregistrée en milieu de semaine dernière, pour repasser sous les 5%, à un niveau de 4,88%. «Des tensions supplémentaires devraient refaire surface compte tenu des positions très fortes sur les actifs brésiliens (taux et changes)», alerte SG CIB.
Plus d'articles du même thème
-
BPCE prend 7% de Banco Sabadell
Cette prise de participation au sein de la quatrième banque espagnole est qualifiée d’amicale. Des coopérations stratégiques sont envisagées. -
La caisse de retraite des navigants réexamine sa stratégie d'investissement
La CRPN gère les droits à la retraite de plus de 50.000 affiliés et environ 5 milliards d'euros d'actifs. Jean-Yves Mary, directeur général adjoint, détaille la stratégie de placements d'une caisse qui revoit son allocation dans un contexte de taux et de corrélations modifié. -
La Chine liquide ses fonds les plus fragiles
Plus de 300 fonds communs de placement pourraient fermer leurs portes d’ici à la fin de l’année, pénalisés par des performances décevantes, les rachats des investisseurs et la saturation du marché.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- La France met le prix pour placer sa dette
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
- La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
- A Patrimonia, l’opportunisme prime sur les inquiétudes
- L’Autorité des marchés rappelle à l'ordre les acteurs du financement participatif
Contenu de nos partenaires
-
A couvertA l'Assemblée nationale, Eric Ciotti cherche son successeur sans lâcher les rênes
Le maire de Nice devrait quitter l’Assemblée pour cause de cumul de mandats, mais pas les rênes de l’UDR. Trois députés sont en lice pour lui succéder à la tête du groupe. Un choix qui dira jusqu’où son fondateur est prêt à laisser émerger de nouvelles figures -
Sur la routePour renforcer leur mainmise sur Bab el-Mandeb, les Houthis s'en prennent à une ville stratégique du Yémen
Le groupe armé pro-iranien serait sur le point d'encercler la ville... à moins que la contre-offensive des forces gouvernementales ne l'oblige à desserrer son emprise -
ReconquêteFace à Reform UK, les conservateurs britanniques misent sur les compétences et l’optimisme
Regagner la crédibilité du parti en matière d’économie est l’une des priorités pour tenter de reconquérir les électeurs de droite partis vers Reform UK