L’AMF craint surtout la correction brutale du prix des actifs financiers
Correction brutale des prix des actifs, endettement non soutenable en raison de l’absence d’inflexion des trajectoires de dette et du poids croissant des émetteurs moins bien notés, manque de coordination internationale des politiques monétaires, budgétaires ou des réglementations financières, risque en matière de fonctionnement des marchés, en cas de hard Brexit... Les risques sont nombreux cette année. Et quand bien même certains d’entre eux ont baissé, voire disparu, comme ceux liés à la profitabilité des institutions financières, au financement des entreprises, à la disponibilité d’actifs laissés en garantie d’opération de financement ou de couverture (collatéral), l’heure est à la prudence pour les investisseurs. Tel est le message de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans sa cartographie des marchés et des risques en 2018.
Le régulateur a noté toutefois le contexte des douze derniers mois favorable pour les marchés financiers, aussi bien en termes de valorisation que de levées de fonds, avec une croissance économique à la hausse au niveau mondial comme en zone euro et une normalisation de la politique monétaire menée sans accroc aux Etats-Unis. " Pourtant, l’épisode de pic de volatilité de février 2018 dénote une certaine fragilité, et la période écoulée a également été marquée par de nouvelles menaces de guerre commerciale venues s’ajouter à des tensions géopolitiques» pointe l’Autorité qui relève également la grande incertitude qui menace en Europe en lien avec le Brexit. «Le risque qu’aucun accord de retrait ni aucune période de transition ne soient approuvés avant le 29 mars 2019, date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne impose de se préparer à toutes les éventualités.
Dans ce décor, après avoir pointé les risques de remontée trop rapide des taux d’intérêt, de l’endettement excessif, et insisté sur les dangers de la guerre commerciale, ou la vulnérabilité de certains pays émergents, le risque numéro 1 pour l’AMF à la mi année 2018 reste celui d’une correction brutale du prix des actifs financiers. De plus, le diagnostic pour les mois à venir laisse entrevoir des incertitudes pesant sur le fonctionnement des marchés avec l’échéance du Brexit en mars 2019 ou avec les effets structurels de nouvelles réglementations. A ce sujet, l’AMF rappelle qu’elle a consacré un développement spécifique aux premières conséquences du nouveau cadre des marchés financiers MIF2 sur la structure des échanges, et insiste sur le fait que l’objectif de transparence accrue risque de ne pas être atteint compte tenu des stratégies développées par les acteurs.
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