La BCE surprend en lançant les prémisses de son «tapering»
L’institution de Francfort a surpris les observateurs jeudi en annonçant la baisse du montant des rachats de titres souverains sur le marché obligataire après mars 2016, date à laquelle le programme était supposé terminer. La prolongation du programme pour une durée de neuf mois au-delà de la fin programmée (mars 2017) ne constitue pas réellement une surprise, la plupart des observateurs s’y attendaient, du moins sur six mois. C’est la baisse des montants rachetés qui a surpris.
Les taux souverains ont connu une remontée nette après cette annonce, le rendement du Bund allemand progressant de 4 points de base (0,384%), idem pour l’OAT (0,806%). L’euro accélérait quant à lui ses pertes à 1,0665 dollar (-0,86%).
La BCE a précisé qu’elle poursuivrait son programme au-delà de décembre 2017 «si nécessaire». L’institution de Francfort explique également que le montant de rachats net prendra en compte les réinvestissements sur les titres déjà achetés et qui arriveront à échéance. Au rang des nouveautés, les titres à maturité 1 an seront pris en compte dans le programme et ceux dont le rendement est inférieur au taux de dépôt (-0,4%) pourront également être rachetés, ce qui représentait jusque-là un niveau plancher.
Concernant les prévisions d’inflation, la BCE a revu à la hausse ses prévisions pour 2017 (1,3% contre 1,2%) mais à la baisse pour 2018 (1,5% contre 1,6%). Selon l’institution, l’inflation n’atteindra pas 2% (son objectif) avant 2020. La BCE a également revu à la hausse sa prévision de croissance en zone euro pour l’an prochain, de 1,7 contre 1,6% précédemment.
Plus d'articles du même thème
-
L’économie américaine est suspendue aux élections de mi-mandat
Alors que Donald Trump fait face à une impopularité record sur fond de pouvoir d’achat miné par l’inflation et la guerre en Iran, les élections de mi-mandat du 3 novembre menacent de faire basculer le Congrès. -
La fièvre des matières premières ne faiblit pas
Le récent repli des matières premières, en raison des tensions sur les taux et la hausse du dollar, ne les empêche pas d’afficher une performance historique cette année, à des plus hauts depuis le super cycle de 2000. -
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
- La France met le prix pour placer sa dette
- La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
- L’Autorité des marchés rappelle à l'ordre les acteurs du financement participatif
- A Patrimonia, l’opportunisme prime sur les inquiétudes
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance » -
Entre deux chaisesLes souverainistes de retour à la tête d'un Québec plus anti-indépendance que jamais
Les souverainistes du Parti québécois ont remporté les élections législatives dans la province lundi. Ils promettent un référendum pour se séparer du Canada, au moment où l'indépendance n'a jamais été aussi impopulaire dans les sondages -
Budget : en quête de crédibilité, Marine Le Pen ne renonce pas à la radicalité
140 milliards d’euros d’économies, une règle d’or, des marchés à rassurer : le RN promet une mue gestionnaire en vue de 2027. Mais derrière la peinture budgétaire, les marqueurs radicaux demeurent, sur fond d’affaire Bardella qui hante encore le parti