Truffle Capital profite de l’essor des fintech pour attirer les institutionnels
Truffle Capital creuse le filon de la fintech et de l’assurtech. La société de capital-risque a lancé hier la levée d’un fonds de 150 millions d’euros dans le secteur des technologies de la banque et de l’assurance. Elle veut constituer, avec des tickets compris entre 5 et 20 millions d’euros, un portefeuille de 12 à 15 sociétés dans les cinq prochaines années. L’horizon d’investissement est de dix ans et l’objectif est «de renvoyer au moins trois fois la mise» de départ, déclare Bernard-Louis Roques, co-fondateur et directeur général digital. Un premier closing devrait avoir lieu dans les mois qui viennent.
L’idée de créer un fonds spécialisé est partie de deux constats : l’accélération de la croissance du secteur, et la «vraie demande des institutionnels de choisir eux-mêmes le dosage» de répartition de leurs investissements, alors qu’auparavant les fonds de Truffle Capital couvraient plusieurs secteurs.
La première clientèle visée est celle des banques et compagnies d’assurance «aux avant-postes», qui veulent «comprendre l’évolution du métier, prendre pied dans un sujet», détaille Patrick Kron, président de Truffle Capital. Le fonds doit fonctionner comme «un périscope». Puis les sociétés pourront ensuite co-investir dans certaines start-up, voire les acquérir à la sortie du fonds. La deuxième clientèle visée est celle avec un intérêt non plus stratégique mais d’investissement : gestionnaires d’actifs, assureurs sous l’angle de l’investissement à long terme, family offices.
Certaines sociétés visées par le fonds pourront intégrer l’incubateur lancé par Truffle Capital en juin 2015, qui compte aujourd’hui cinq start-up. Celui-ci «permet d’attirer l’attention des décideurs bancaires, et plusieurs partenariats sont directement la conséquence de cette visibilité», souligne Bernard-Louis Roques. La première sortie de portefeuille d’une fintech a eu lieu en décembre dernier avec DenyAll, un fournisseur de logiciels acquis en 2012, anciennement incubé à la Société Générale. La participation a été cédée pour 11,7 millions, soit un multiple de 3,44. «Dans certains cas nous allons prendre des sociétés existantes, en spin off», détaille Bernard-Louis Roques. S’il ne souhaite pas investir en Angleterre, Truffle Capital espère attirer les sociétés britanniques qui voudraient se relocaliser en France suite au Brexit.
Plus d'articles du même thème
-
La Caisse du Québec investit dans une pépite du financement hypothécaire au Canada
L’institution québécoise s’est engagée auprès de Nesto, une jeune fintech canadienne spécialisée dans le financement hypothécaire. -
OTPP et GIC mènent un tour de série F de 750 millions de dollars dans Ramp
La fintech américaine spécialisée dans la gestion des dépenses d'entreprise boucle un tour de série F à 44 milliards de dollars de valorisation. -
DFNS fait peau neuve pour séduire les banques
La fintech DFNS spécialisée dans la fourniture de wallets crypto sécurisés se positionne comme fournisseur de core-banking système pour la finance on-chain.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Contenu de nos partenaires
-
#GlobalBritainAu secours, Andy Burnham arrive ! Les riches décampent à l’île de Man
Avec l’arrivée imminente d’Andy Burnham à Downing Street, les élites londoniennes fuient vers l’île de Man et son paradis fiscal discret mais en plein essor. Pour combien de temps ? -
DémentielDette : l'électrochoc que la Cour des comptes espère provoquer avant la présidentielle
La cour des Comptes publie son rapport de référence sur les finances publiques. « Les messages sont particulièrement alarmants cette année, tous les signaux sont au rouge », a résumé Carine Camby, présidente de chambre -
AgendaAu programme des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2026
Des personnalités comme Philippe Aghion, Christine Lagarde, Alexandre Bompard ou Patrick Pouyanné participeront aux discussions programmées à Aix-en-Provence du 2 au 4 juillet 2026. De nombreux événements off sont également proposés. Enfin, comme chaque année, la ville accueillera en parallèle des Rencontres, son Festival d'art lyrique et de belles expositions