TagPay veut séduire l’Europe
Deux ans après l’entrée de la Société Générale dans son capital à hauteur de 8%, TagPay souhaite se doter de nouvelles ressources. «Nous espérons boucler cette année une nouvelle levée de fonds», déclare à L’Agefi Yves Eonnet, directeur général de l’éditeur de plates-formes de banque mobile. Basée à Paris et employant une trentaine de personnes, la société ne chiffre pas ses ambitions. Depuis sa création en 2015, TagPay a levé 6,8 millions d’euros auprès de business angels et de la Société Générale.
Après avoir déployé sa solution dans 18 banques et 27 pays d’Afrique et d’Amérique latine, la société veut se lancer en Amérique du Nord, en Asie et surtout en Europe, où la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2) va ouvrir davantage le marché bancaire aux fintech. «Nous avons les muscles pour nous battre face aux néo-banques comme Fidor ou N26 qui seraient tentées de fournir leur solution aux autres banques. Contrairement à elles, nous n’avons pas développé un produit pour nous-mêmes mais pour les banques», pointe Yves Eonnet. TagPay espère signer cette année au moins un gros contrat en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, sur les quatre en négociation.
Sa solution mobile basée sur la technologie NSDT (authentification lié au numéro de téléphone) et hébergée sur le cloud a vocation à remplacer le core banking (système informatique cœur) pour la gestion de paiements, mais aussi les crédits et l’épargne. «C’est une offre centrale pour nos clients des pays émergents, qui la connectent ensuite à d’autres outils. En Europe, les banques sont encore paralysées par des systèmes hérités des années 70 de plus en plus lourds», explique Yves Eonnet. Sa plate-forme est au cœur de l’offre mobile Yup lancée par la Société Générale l’an dernier en Afrique. Le groupe français est le premier client de TagPay, avec la solution de paiement TMoney au Togo. D’autres ont stoppé leur contrat en raison de leurs propres difficultés, comme une banque nigériane.
TagPay, qui revendique près de 2 millions de comptes clients, a traité 59,3 millions d’opérations l’an dernier contre 9,1 millions en 2016. Son chiffre d’affaires a seulement crû de 2,5 à 2,7 millions d’euros mais la société a décroché de nouveaux contrats en mode Saas qui engendreront bientôt du chiffre d’affaires. La société va ainsi installer sa solution dans cinq ou six banques de plus cette année. Installée à Paris, Bogota, Dakar et Johannesbourg, elle va aussi ouvrir un bureau à Singapour.
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