N26 brise un tabou en facturant les gros dépôts
C’est une première en France pour une banque grand public. Dès la fin du mois, la néobanque allemandeN26 taxera les dépôts des clients ayant ouvert un compte depuis le 1er octobre. Une taxe de 0,5 % sera ainsi appliquée aux dépôts détenus au-dessus de 50.000 euros, les frais étant déduits du compte à la fin du mois.
«L’idée est de répercuter en transparence les coûts d’exploitation de nouvelles fonctionnalités que nous introduisons» confie à L’Agefi Jeremie Rosselli, directeur général de N26 France et Benelux. «Notre objectif est de réorienter les dépôts de nos clients vers les solutions d’épargne», poursuit-il. En Allemagne, N26 propose déjà des solutions d’épargne à ses clients avec la fintech Raisin. Elle devrait bientôt proposer de type de services en France, où elle revendique 2.000 nouveaux clients de plus par jour et où les clients réalisent 1.000 euros de transactions par mois.
Cette mesure ne devrait concerner qu’une «part infime» des nouveaux clients de N26, qui en revendique 5 millions au total dont 1,6 million en France. La néobanque avait pris soin de prévenir les nouveaux clients via sa nouvelle grille tarifaire. «De la même façon, nous serons proactifs avec nos clients pour les alerter quand leur solde pourrait se rapprocher des 50.000 euros afin de leur conseiller des solutions pour éviter de devenir tributaire de ces frais», confie Jeremie Rosselli.
Cette mesure s’appliquera dans les 25 marchés où N26 opère déjà, dont la France, sauf en Espagne et au Portugal «où cela n’est réglementairement pas possible». La néobanque applique la mesure prise par la Banque centrale européenne (BCE) en septembre 2019 de facturer -0,5% les dépôts bancaires qu’elle centralise. En France, il s’agit de la deuxième banque à franchir ce cap après la banque privée Lombard Odier qui taxe depuis octobre dernier les dépôts de ses clients, au-delà d’un million d’euros de dépôts. «En France cette mesure est très peu appliquée. Je ne serais pas surpris que d’autres banques de détail nous emboîtent le pas aussi» indique Jeremie Rosselli.
A l’étranger, d’autres ont franchi le cap. Le 20 octobre, ING Belgique a annoncé qu’elle allait taxer les dépôts des comptes crédités de plus de 2 millions d’euros. Début novembre, la fintech britannique Starling factureraelle aussi les dépôts de ses clients au-delà de 50.000 euros. Cette mesure, qui se s’applique pas aux comptes libellés en livres, devrait concerner moins de 1% des titulaires de comptes en euros de la néobanque.
Plus d'articles du même thème
-
Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
Concrètement, les entreprises concernées sortaient déjà de ses solutions d’investissement en raison de controverses ESG majeures. La fondation suisse fustige les comportements de certains pétroliers, notamment TotalEnergies, Exxon Mobil ou BP. -
Les ingrédients naturels, terrain de chasse à tous les étages du capital investissement
Portée par la réglementation, l’urgence environnementale et l'exigence croissante de transparence des consommateurs, la demande d’ingrédients naturels attire les gérants, depuis le venture jusqu’au buyout. -
Airbus signe un partenariat avec la start-up française de défense Alta Ares
Le groupe aéronautique a annoncé, jeudi 11 juin, la signature d’un accord non contraignant avec à la start-up française spécialisée dans la lutte contre les drones, qui vient de lever 50 millions d’euros.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Le cercle des initiésLa finance italienne se met au football total
L'OPA d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi met en ébullition le secteur bancaire italien, et au-delà. A Wall Street, si l'arrivée de SpaceX s'annonce triomphale, les lendemains pourraient déchanter. -
Tribune libreQuand les vieux démons du centralisme refont surface
« Nous disons à tous les technocrates qui pensent savoir mieux gérer une collectivité que ceux qui ont été élus au suffrage universel direct pour le faire (...) : le pays n’a plus de temps à perdre avec ces méthodes révolues » -
Global BritainLes frères ennemis d’easyJet
Le feuilleton sur une possible reprise du transporteur à bas coût britannique passionne la City et Wall Street