MesAcquisitions.com se présente comme le Vinted des actifs professionnels
Redressement, liquidation judiciaire, procédure collective… A priori, rien de réjouissant. Et pourtant, Candice Cohen-Louyot, avocate et fondatrice de MesAcquisitions.com, considère ces situations pas faciles à vivre comme porteuses d’opportunités. C’est après avoir accompagné un proche dans la liquidation de son entreprise que l’idée lui est venue. «Plutôt que d’attendre une vente aux enchères par un tribunal de commerce, lors de laquelle certaines entreprises sont littéralement bradées, il est possible de céder des actifs de gré à gré et ainsi de récupérer une partie de la valeur de l’entreprise, explique l‘entrepreneuse. Cela peut aider le chef d’entreprise à rembourser des dettes mais aussi donner une nouvelle vie à ces actifs. Côté acheteurs, c’est aussi un moyen d’accéder à des actifs de bonne qualité pour un prix accessible, voire de préserver une activité qui aurait dû s’arrêter autrement.»
Valorisation par des experts
Associée avec un autre avocat et avec un spécialiste de l’informatique, Candice Cohen-Louyot présente le projet au concours de l‘incubateur du barreau de Paris et remporte le premier prix en 2021. Cet accompagnement de quatre mois leur permet de lever des fonds auprès de deux investisseurs ainsi que de Bpifrance et de la Région Ile-de-France et ainsi de lancer leur activité en mars 2022 : une place de marché sur internet qui offre aux mandataires et administrateurs judiciaires, mais aussi aux entreprises en difficulté, un moyen de vendre tout ou partie de leurs actifs selon leurs besoins, en trouvant des acheteurs potentiels situés partout sur le territoire. «Sur MesAcquisitions.com, il est possible de vendre tout : des actifs corporels ou incorporels, des actifs digitaux, des véhicules, des outils de production, de l’immobilier, et des entreprises en difficulté (redressement judiciaire, prépack cession...), souligne Candice Cohen-Louyot. Les actifs sont expertisés, une fiche descriptive détaillée est établie afin que les acheteurs potentiels aient une idée précise de ce qu’ils peuvent acquérir. Nous sommes le Vinted des actifs professionnels !»
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Licence IV à vendre
La création d’une place de marché des actifs à céder donne ainsi beaucoup plus de visibilité et d’accessibilité à un marché resté longtemps opaque et réservé à un petit cercle de repreneurs. Ce n’est pas sa seule vertu : «En ouvrant largement l’accès à ces ventes, notre marketplace contribue à préserver des activités, des emplois, des commerces dans des villages, la vie économique locale, insiste Candice Cohen-Louyot. C’est aussi un moyen de libérer des locaux où restent entreposées des machines abandonnées parfois depuis des années, par exemple. Et cela peut être un nouveau départ pour le vendeur.» Elle cite en exemple un informaticien qui avait créé son entreprise et développé un logiciel de traitement de données. Grâce à MesAcquisitions.com, cet actif a été racheté par une grande entreprise qui a également embauché le professionnel. Autre exemple, un salon de thé a pu racheter la licence IV d’un restaurant pour pouvoir proposer des apéritifs alcoolisés.
Nouveau tour de table
MesAcquisitions.com ou MAQ travaille déjà avec 80% des 440 professionnels chargés des cessions dans les tribunaux de commerce. La plateforme compte chaque semaine environ 1.500 actifs et une centaine d’entreprises à céder et 4.500 acquéreurs en ligne inscrits. Au deuxième semestre 2022, elle a permis la réalisation de quinze transactions. Le modèle économique repose sur une commission de succès de 3% à 10% selon le montant de la transaction, et sur une rétrocession de la part des professionnels (avocats, experts-comptables…) qui facturent des prestations d’accompagnement de ces opérations. Beaucoup reste à faire pour compléter le service avec du financement, de l’assurance… en nouant des partenariats. L'équipe veut aussi investir dans une technologie plus pointue afin d’optimiser les tableaux de bord, les mises en relation mais aussi pour affiner la valorisation des actifs. C’est pourquoi l’équipe, constituée de neuf personnes, prépare une nouvelle levée de 3 millions d’euros.
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