Les régulateurs voient dans les crypto un vecteur de fragmentation financière
Le sujet a été abordé au G20 à Washington. Pour François Villeroy de Galhau, il faut à la fois encadrer les cryptoactifs, les plateformes et les transactions.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Alexandre Garabedian
La régulation de l’écosystème crypto taraude les banques centrales des pays du G20.
-
Crédit Fotolia.
Peut-on laisser s’ajouter la fragmentation financière à la fragmentation géopolitique exacerbée par la guerre en Ukraine ? La question a fait phosphorer les gouverneurs de banque centrale des pays du G20 réunis la semaine dernière à Washington. Et elle a motivé les nouveaux appels à la régulation de l’écosystème crypto, lancés ces derniers jours par Fabio Panetta, qui pilote le projet d’euro digital de la Banque centrale européenne, et François Villeroy de Galhau.
« Les cryptoactifs non régulés sont une mauvaise réponse à un vrai défi, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de France lors d’une conférence virtuelle organisée par le Financial Times.Si nous ne régulons pas, nous aurons une fragmentation des paiements ». Alors que Fabio Panetta a employé lundi des mots très durs, comparant les crypto-actifs à une pyramide de Ponzi et aux subprimes, François Villeroy de Galhau préfère l’image d’un Moyen-Age financier, période durant laquelle coexistaient une multitude de monnaies locales.
Les autorités doivent selon lui exercer leur vigilance dans trois domaines. D’abord, les cryptoactifs en tant que tels, et notamment les stablecoins, adossées à des paniers de devises traditionnelles : c’est tout l’enjeu de la réglementation MiCA, en cours de négociation dans l’Union européenne. Ensuite, les plateformes telles que Binance ou Coinhouse, sans lesquelles la finance décentralisée (DeFi) ne pourrait fonctionner. « Les quatre ou cinq plus grandes plateformes ont des parts de marché supérieures à 50% », pointe François Villeroy de Galhau. Enfin, la transparence des transactions, pour lutter contre l’argent sale et les flux financiers frauduleux. L’Europe est en train d’adapter les recommandations du Groupe d’action financière avec son projet de réglementation TFR (transfer of funds regulation), qui impose d’identifier le donneur d’ordre et le bénéficiaire d’une transaction crypto. Non sans susciter les critiques de l’écosystème.
Réguler oui, mais sans tuer l’innovation, insiste François Villeroy de Galhau. « Si elles ne sont pas régulées, les stablecoins n’auront qu’un avenir limité », conclut-il.
Après que les grandes banques américaines se sont alliées sur les dépôts tokenisés, les banques régionales s'unissent pour lancer un réseau blockchain. Celui-ci devrait être opérationnel en 2027.
La nouvelle banque française a annoncé le déploiement de son premier stablecoin auprès d'une sélection de clients au Danemark, en Pologne et au Portugal. Le stablecoin, nommé EURR, sera progressivement déployé à plus grande échelle. Il sera intégré à l'application bancaire, mais émis par Bridge, la filiale de Stripe.
Une poignée d'acteurs crypto spécialisés dans le paiement demandent un changement de régime fiscal pour le stablecoin. La majorité de l'industrie y est opposée.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
Le Bon Marché Rive Gauche se change en konbini géant pour son opération Super Japon, Tiffany célèbre les cent soixante ans de son premier chronographe avec une édition limitée du Tiffany Timer, instax pose ses appareils au Palais Brongniart pour la première Fujikina parisienne… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle.
Après huit années à la tête du PS, le premier secrétaire ne s’est pas imposé comme le candidat naturel de son camp. Son duel annoncé avec Raphaël Glucksmann doit lui permettre de franchir enfin le seuil de la présidentiabilité
Né à Nancy en 1976 pour aider les étudiants à voyager malin, le Petit Futé souffle cette année ses cinquante bougies. Toujours familial et indépendant, le petit renard a depuis largement dépassé les frontières, avec quelque 800 destinations au compteur, toujours à la recherche des adresses qui méritent le détour.