Les investissements dans les fintech chutent au premier semestre
Au premier semestre 2020, les investissements mondiaux dans les fintechsont en fort recul, s'élevant à 25,6 milliards de dollars (21,9 milliards d’euros) contre 150,4 milliards de dollars (128,45 milliards d’euros) au premier semestre 2019, révèle KPMG International dans la nouvelle édition de Pulse of Fintech. De même, les opérations de fusions-acquisitions ont représenté 4 milliards de dollars (3,42 milliards d’euros) au niveau mondial, contre 85,7 milliards de dollars (73,19 milliards d’euros) au second semestre 2019.
Prises de risque limitées
«Le Covid n’est pas le seul facteur. La période 2018-2019 a été exceptionnelle en matière d’investissements pour ce marché très dynamique. Après un premier ralentissement des investissements et des opérations de fusions-acquisition début 2020, la crise sanitaire et le climat d’incertitude ont confirmé l’approche prudente et des prises de risque limitées des investisseurs auprès des fintechs», explique à L’Agefi Stéphane Dehaies, Associé Banque & Fintech chez KPMG France. «Les investisseurs privilégient désormais les opérations en phase avancée, moins risquées, et donc des projets qui ont une certaine maturité. Les fintech qui sont moins matures en termes de développement vont rencontrer des difficultés plus importantes en termes de levées de fonds. Cette nouvelle dynamique d’investissements procédera donc à un tri entre les acteurs de la Fintech et sans doute à une consolidation du marché», ajoute-t-il.
Aux Etats-Unis, qui représentent la part la plus importante des investissements réalisés dans les fintech, KPMG observe une forte baisse des sommes investies dans ce secteur, à 12,9 milliards de dollars au premier semestre 2020 contre 43,3 milliards au second semestre 2019. «Cette baisse s’explique par l’effondrement des opérations des fusions-acquisitions, alors que les investissements en capital-risque ont atteint un niveau record, à 9,3 milliards de dollars collectés à la fin du premier semestre», souligne le rapport.
De même, l’Asie a enregistré 8,1 milliards de dollars d’investissements dans les fintech au premier semestre 2020, contre 20,6 milliards l’année dernière à la même époque. La Chine n'échappe d’ailleurs pas à cette tendance, les investissements représentant 285 millions de dollars au second semestre 2020, contre un pic de 20,7 milliards de dollars au second semestre 2018. «Cette baisse reflète en partie la maturité du marché chinois des technologies financières, qui est dominé par un petit nombre de grands acteurs, ainsi que les changements apportés aux politiques gouvernementales en matière de technologies financières», précisent les auteurs du rapport.
Nouvelles opportunités issues de la crise
Malgré ce constat, des tendances s’accélèrent depuis la crise. «Nous voyons arriver de nouvelles opportunités issues de la crise, notamment un besoin de digitalisation des acteurs de l’industrie et des services financiers. On verra également des acquisitions sur des technologie connexes à toutes les offres des fintech qui apportent des solutions métiers, notamment sur des questions de sécurité et de fraude voire de réglementation. Coté investisseurs, la priorité devrait se faire sur des modèles BtoBtoC ou vers des solutions de «business plateforms» comme les nouvelles plates-formes de paiement ou de crédit», conclut Stéphane Dehaies.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises engagent la course contre la montre du refinancement
Les entreprises vont devoir sécuriser leurs liquidités face à une potentielle flambée des taux, prévient le cabinet Redbridge. Et songer à renégocier sans attendre leurs échéances de dette avant la présidentielle. -
Tokio Marine engage 300 millions de dollars dans la dette privée des marchés émergents
Le groupe d'assurance Tokio Marine est l'investisseur d'ancrage d'un nouveau véhicule perpétuel de dette privée destiné aux investisseurs institutionnels. -
La hausse des taux efface la performance positive des dettes émergentes
La fin du troisième trimestre a été clairement négative pour les dettes émergentes qui ont été rattrapées par l’envolée des taux mondiaux. Elles conservent néanmoins leur avance en relatif par rapport aux marchés avancés, les éléments favorables qui ont porté la classe d’actifs restant intacts.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
La météo des tauxElection présidentielle : une campagne sous spread
Les indicateurs réservés aux experts des marchés financiers, tels l'OAT et le spread, sont devenus des outils politiques pour décourager des mouvements sociaux, discréditer des adversaires ou asseoir sa légitimité. Ce qui n'est pas sans risque pour celles et ceux qui les utilisent -
VivierArrêts maladie : les partenaires sociaux priés de trouver un milliard d’euros d’économies
Pour enrayer la hausse du coût des arrêts maladie, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou demande aux organisations syndicales et patronales de faire des propositions d'ici décembre. -
Trop pleinL'interdiction du téléphone, la goutte d'eau qui a fait déborder les lycées ?
Le banissement du portable à la rentrée scolaire semble avoir joué un rôle dans la colère des élèves, qui dénoncent l'absurdité de la mesure