Les fintech africaines ont le vent en poupe
A côté de Londres, New York ou encore Vilnius, quatre métropoles africaines – Johannesburg, Nairobi, Lagos et Le Cap – figurent dans le top 100 des villes les plus dynamiques en matière de fintech établi par le «Global Fintech Index City Rankings 2020». L’Afrique du Sud et le Kenya font ainsi partie des 50 pays les plus attractifs au monde pour les fintech, suivis par le Nigeria.
Si 80% des Africains possèdent un téléphone portable, ils sont seulement 28% à être bancarisés. Les 491 fintech africaines répondent, principalement, au problème d’exclusion financière sur le continent. «Le manque d’héritage bancaire fait de l’Afrique une région où l’essor de la ‘fintech’ sera beaucoup plus rapide», pointe l’Index, qui a étudié 7.000 fintech dans plus de 230 villes de 65 pays.
Un développement encouragé…
Avec 100 millions d’utilisateurs de portefeuilles électroniques, les Africains représentent environ la moitié (57,6%) de tous les portefeuilles mobiles dans le monde. Certaines fintech ont ainsi décidé de miser sur le mobile. Depuis 2007, la start-up M-pesa, au Kenya, permet de transférer de l’argent via son téléphone portable. Au Kenya, les fintech sont soutenues par des incubateurs, comme l’Africa eXellerator Lab et le Digital Lenders Association of Kenya. De son côté, Johannesburg a favorisé un écosystème de fintech locales, avec des assurtech en forte croissance, comme Pineapple ou Naked. Une dynamique qui s’explique, notamment, par un cadre réglementaire attractif. La South Africa Reserve Bank a, par exemple, mis en place le Financial Technology Program afin d’évaluer l’émergence du secteur.
Lagos, au Nigeria, fait également partie des hubs fintech «à surveiller de près», selon le rapport.
… mais des obstacles persistants
Le financement des fintech a connu un bel essor l’an dernier. En novembre 2019, les trois fintech Interswitch, OPay et PalmPay ont levé 360 millions de dollars auprès d’investisseurs étrangers. La fintech OPay, spécialisée dans le paiement mobile, a ainsi bouclé un tour de table de série B d’un montant de 120 millions de dollars, soutenu par des investisseurs chinois. Le géant Visa a investi 200 millions de dollars dans Interswitch, afin de déployer les solutions de la fintech dans d’autres pays africains.
Malgré l’essor de ce secteur, les obstacles restent encore nombreux, notamment l’accès limité à internet et le coût élevé du téléchargement des données.
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