Le régulateur suisse veut favoriser le développement des fintech
L’Autorité suisse de surveillance des marchés financiers (Finma) a ouvert hier une consultation qui durera jusqu’au 26 octobre en vue d’assouplir les obligations des petits établissements financiers en matière de lutte anti-blanchiment. L’initiative fait suite au vote du Parlement helvétique, qui a amendé en juin dernier la loi sur le secteur bancaire afin de stimuler l’innovation financière et de consolider la position du pays dans la gestion de patrimoine. A cet effet a été créée une nouvelle catégorie de licence, l’«autorisation fintech», qui s’appliquera aux établissements acceptant des dépôts pour des montants allant jusqu’à 100 millions de francs suisses (87 millions d’euros) sans les placer ni verser d’intérêts.
«Dans la lutte contre le blanchiment d’argent, des obligations de diligence comparables devraient continuer à s’appliquer à tous les établissements financiers. Cependant, étant donné que l’autorisation fintech devrait en particulier intéresser de petits établissements, la Finma propose que certains allégements organisationnels [leur] soient accordés», explique le régulateur dans son communiqué.
La Finma propose que ces établissements, contrairement aux banques, ne soient pas tenus de mettre en place un service indépendant de lutte contre le blanchiment incluant des fonctions de contrôle. Son projet d’ordonnance révisée sur le blanchiment définit comme «petits» les établissements ayant un revenu brut inférieur à 1,5 million de francs.
La Confédération helvétique, qui s’est imposée comme principale place offshore dans la gestion de fortune, héberge aussi d’importants acteurs spécialisés dans les technologies financières, tels les éditeurs de logiciels bancaires Temenos et Avaloq, ainsi que des sociétés actives dans les cryptomonnaies. L’«autorisation fintech» devrait avoir un impact immédiat sur les activités de crowdfunding (financement participatif), qui requéraient jusqu’alors, le plus souvent, une licence bancaire. En revanche, le segment des cryptomonnaies, qui ne nécessite généralement pas de licence bancaire tout en étant soumis à la législation actuelle sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ne sera vraisemblablement pas affecté par le changement de réglementation.
L’ordonnance révisée de la Finma devrait prendre effet le 1er janvier 2019, concomitamment à l’entrée en vigueur de la loi bancaire partiellement révisée.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique