Ces 17 et 18 juillet à Chantilly, ministres et gouverneurs prévoient d’échanger leurs - mauvaises - impressions sur la monnaie virtuelle de Facebook.
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Annick Masounave
Le réseau social Facebook a prévu de lancer le Libra en 2020, avec 28 partenaires réunis dans une association.
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ZUMA Press/ZUMA/REA
La question des «stable coins» a été ajoutée à l’agenda du G7 des ministres des Finances qui se tiendra à Chantilly les 17 et 18 juillet prochains. Le caractère systémique du projet Libra de Facebook, qui dépasse les préoccupations liées à la réglementation des cryptoactifs classiques, a justifié ce changement d’agenda. Le groupe de travail ad hoc, constitué en juin et dirigé par Benoît Cœuré, présentera un pré-rapport à cette occasion.
«Les banques centrales disposent de réserves destinées à protéger les épargnants, ce qui n’est pas le cas des entreprises privées. Cette monnaie soulève un enjeu de souveraineté pour les pays en développement», indique-t-on à Bercy. «Que donnera le Libra dans un pays qui ne dispose pas d’une monnaie stable ? En outre, le modèle économique doit être précisé. Ces entreprises totalisent des centaines de millions de clients. Toute décision a forcément un impact systémique. Comment vont-elles définir l’adossement à un panier de monnaies ? Quelles contraintes ces choix peuvent-ils exercer sur les banques centrales ? Une réglementation est indispensable. Au-delà de la réglementation – et c’est une ligne rouge que nous fixons –, en aucun cas des entreprises privées ne peuvent se doter des attributs d’une monnaie souveraine», poursuit cette source.
Levée de boucliers générale, y compris de Donald Trump
Ce projet, depuis son annonce voilà quelques semaines, suscite une levée de boucliers générale de la part des Etats, des autorités de régulation comme des banques centrales. Le Libra est un «projet qui correspond à des intérêts privés. Je suis tout à fait favorable à l’économie de marché, mais je crois qu’il ne faut pas être naïf en la matière, ça n’est pas entièrement guidé, ou pas seulement guidé, par la recherche du bien commun», a déclaré, mercredi dernier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, devant une commission sénatoriale sur la souveraineté numérique.
Le 11 juillet, Donald Trump s’est lui aussi joint au concert des critiques, appelant sur Twitter à une réglementation de ce projet, similaire à celle des «autres banques, nationales et internationales». David Marcus, le directeur du projet Libra, sera auditionné par les parlementaires américains les 16 et 17 juillet et tentera de répondre aux critiques et interrogations.
Facebook a prévu de lancer le Libra en 2020, avec 28 partenaires réunis dans une association. Visa, MasterCard, Paypal, Uber, Booking, Ebay, Spotify et Iliad en France sont de l’aventure.
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