Le G7 conditionne l’autorisation du Libra à un cadre juridique adéquat
Aucun projet de monnaies numériques stables ne devrait être lancé tant que les problèmes et les risques juridiques, réglementaires et de surveillance n’auront été réglés de manière adéquate», a conclu le G7 au regard du rapport publié vendredi sous la responsabilité de Benoît Coeuré, membre de la BCE, sans citer l’association Libra lancée en juin. Cette condition sine qua non pour lancer des «stable coins» devrait repousser le projet emmené par Facebook, a priori «conçu pour fonctionner avec les institutions de réglementation existantes», mais avec la particularité d’avoir potentiellement 2,4 milliards d’utilisateurs, ce qui aurait «une incidence mondiale», a rappelé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie.
Si les «stable coins» pourraient, davantage que les cryptomonnaies (trop volatiles), servir de moyens de paiement, notamment transfrontaliers pour abaisser les coûts de transaction, et de réserve de valeur, ces technologies doivent tout d’abord être «testées» au regard des risques potentiels d’activités illicites de type blanchiment, de problèmes de manipulation, de gouvernance, de protection des données, de fiscalité, et - à une échelle mondiale - de stabilité financière et monétaire, et également de démocratie, a ajouté Bruno Le Maire.
En parallèle, le Conseil de stabilité financière (FSB) a remis aux dirigeants du G20 une note relative à la régulation des «stable coins» répondant à leur demande formulée fin juin à Osaka. Un développement trop rapide «pourrait modifier l'évaluation actuelle selon laquelle les cryptoactifs ne posent pas de risque important pour la stabilité financière», souligne-t-il, en évoquant un potentiel risque «systémique» parce qu’ils combinent différentes fonctions financières : paiement, dépôt, change, placement… Dans certaines circonstances, cela engendrerait de nouveaux risques de stabilité, par exemple, la solidité d’une «stable coin» pouvant dépendre de la manière dont ses actifs en réserve sont gérés et dont les droits de rachat sont conçus. Les interactions avec le système financier actuel (banques, dépositaires, etc.) sont au cœur du sujet.
Au vu des avantages potentiels pour l’économie, le FSB propose donc de faire un point sur les technologies existantes et les réglementations qui pourraient être efficaces pour traiter les problèmes de stabilité financière et de risque systémique, de manière coordonnée au niveau international. Il soumettra un rapport de consultation aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales du G20 en avril 2020, et un rapport final en juillet 2020.
Plus d'articles du même thème
-
L’AMF resserre le cadre autour des plans de transition et des PAI pour le nouveau SFDR
L'autorité de régulation française a publié ses conclusions sur la révision du règlement SFDR. -
L’inflation américaine a changé de thermomètre
Gare au trompe-l’œil ! L’inflation PCE s’est apparemment stabilisée en août aux Etats-Unis, mais c’est surtout dû à un changement méthodologique dans sa mesure par le Bureau of Economic Analysis (BEA). La dynamique inflationniste, elle, ne change pas. -
David Charlet (Anacofi) : «Les CGP sont devenus des accompagnants de crise»
Alors que le projet de loi de finances est présenté ce jeudi et doit être débattu au Parlement, David Charlet, président de l'Anacofi, revient sur les enjeux du texte pour les conseillers patrimoniaux.
ETF à la Une
Capital Group va lancer quatre ETF actifs en Europe début 2027
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteDésindexer les retraites : faisons les comptes
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Restaurants à Paris : les nouvelles tables incontournables de la rentrée
Entre fusion asiatique, néo-bistrots, speakeasy clandestins et influences italo-japonaises, la scène culinaire parisienne se réinvente cet automne à travers de nouvelles tables audacieuses. -
Face à la colère des lycéens, le gouvernement recule sur les frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire
Face au mouvement lycéen qui s’intensifie, l’exécutif est revenu sur l’instauration de frais d’inscription dans les CPGE et les BTS, qui sont aujourd’hui gratuits, a contrario des universités. La mesure aurait permis de rapporter plus de 30 millions d'euros à l'Etat.