Le FMI reconnaît le potentiel des fintech
Le potentiel des fintech à atteindre plus d’un milliard de personnes non bancarisées dans le monde, et les changements dans la structure du système financier que cela peut induire, peuvent être révolutionnaires», considère le Fonds monétaire international (FMI) dans une récente étude.
Selon les données d’Eurostat, sur les deux dernières décennies, le nombre d’utilisateurs de services bancaires en ligne a doublé dans les quinze plus grandes économies de l’Union européenne. Pour le FMI, si les fintech se développent depuis plusieurs années, elles perturbent le secteur financier dans deux domaines.
Tout d’abord, l’utilisation des données des clients par les acteurs du crédit, permettrait une meilleure analyse de la solvabilité. Contrairement aux acteurs traditionnels, les fintech exploitent les données non financières des utilisateurs. Ces ressources sont considérées comme étant «souvent supérieures aux méthodes traditionnelles d'évaluation du crédit» et peuvent faire «progresser l’inclusion financière», pointe l’institution.
Réglementation prudentielle : un vrai défi
D’autre part, les fintech comme les géants technologiques, à l’instar d’Amazon, de Facebook ou encore d’Alibaba, distribuent des services financiers sur des canaux de communication (web, mobile). Ces différents acteurs stimulent «la concurrence géographique entre les banques, qui peuvent désormais servir des clients plus éloignés», souligne l'étude.
Le FMI évoque par ailleurs les défis politiques posés par l’émergence des fintech. La réglementation prudentielle serait le défi le plus «important» aux yeux de l’institution, qui cite également les risques de cybersécurité. Le contexte actuel de la pandémie, qui a accéléré le recours à la digitalisation dans les services financiers, doit par ailleurs inciter les régulateurs à évaluer «les risques opérationnels» induits par les nouvelles technologies.
Enfin, les fintech pourraient avoir un impact sur la politique monétaire. «Comme les nouveaux acteurs rendent les banques moins pertinentes pour le système financier, les banques centrales pourraient devoir ajuster leur boîte à outils pour la mise en œuvre de la politique monétaire, en permettant éventuellement aux acteurs non financiers d’accéder à des lignes de liquidité et en les incorporant dans leurs opérations», souligne le FMI.
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