Le financement participatif sera plus transparent au niveau européen
Plus de contrôle, plus de transparence. C’est ce que l’UFC-Que Choisir réclame à la nouvelle législation encadrant le financement participatif aux entreprises, votée en commission au Parlement européen lundi. L’association de défense des consommateurs souligne, une nouvelle fois, l’un des risques principaux de ce secteur, à savoir le défaut sur prêts. Une entreprise financée sur dix ne rembourse pas ses échéances, selon l’UFC-Que Choisir. L’association rappelle dans un communiqué qu’un prêt sur cinq n’est plus remboursé chez Lendopolis (18,3%). Unilend, pionnier français du prêtparticipatif, a quant à lui récemment été placé en liquidation judiciaire, alors qu’il reste près de 12 millions d’euros de capital prêtés par les internautes à rembourser. C’est la SFPMEI qui doit s’en charger.
«Il y a deux ans, nous avons fait une étude pour montrer que les risques sont portés par les consommateurs», explique Matthieu Robin, chargé de mission banque à UFC-Que Choisir. «Il faut une mise en place de plafonds maximum d’investissements et des indicateurs de défaillances fiables pour que les risques encourus soient connus des investisseurs». Le projet européen, bien qu’il ne soit en rien contraignant et ne fasse que s’ajouter aux 28 régimes nationaux, devrait aller en ce sens. Les entreprises de financement participatif qui choisiront de postuler au label européen devront ainsi s’engager à fournir une fiche d’informations clés sur la rentabilité, l’efficience opérationnelle et la liquidité des entreprises demandant un financement.
Ces fintech devront aussi informer les consommateurs des taux de défaut de leur plate-forme et organiser des tests de connaissance afin que les investisseurs potentiels connaissent les risques sous-jacents. Par ailleurs, la nouvelle législation conseille aux consommateurs de ne pas investir plus de 10% de leur patrimoine net dans de ce type de projet participatif. Elle fixe aussi le plafond pour chaque offre de financement à 8 millions d’euros. «Le niveau de transparence est déjà très élevé en France, mais ce sera une avancée pour opérer dans d’autres pays comme l’Espagne», détaille Pascal Ouvrard directeur du développement international de la plate-forme October (ex-Lendix). Le projet d’encadrement, qui a été accepté à 38 voix contre 5 au Parlement, poursuit son parcours législatif et va être examiné au Conseil de l’Union européenne avant un vote final en mars.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique