Le bitcoin cherche à sortir de ses frontières actuelles
Nous sommes en octobre 2020 et le bitcoin n’est toujours pas mort», a déclaré Yorick de Mombynes, magistrat à la Cour des comptes, lors de la première édition de Surfin’Bitcoin organisée par StackinSat, réunissant plus d’une centaine de participants. «Non seulement il est toujours là, mais il continue de se développer en termes technique et d’usage. Viendra peut-être un jour où beaucoup de gens l’utiliseront sans savoir comment il fonctionne. C’est un animal un peu étrange», confie-t-il.
«Aujourd’hui, il n’a jamais été aussi facile d’acheter du bitcoin, cela participe à la démocratisation des crypto-actifs. Cette technologie est un vrai changement de paradigme», estime le «crypto-député» Pierre Person se disant «heureux» de s’exprimer à ce sujet depuis Biarritz et «non pas au Palais Brongniart». Il faudrait arriver «à faire émerger des nouveaux usages du bitcoin pour que ma grand mère lui trouve une utilité un jour, en termes de moyens de paiement mais également de confiance», espère l'élu.
La conférence a permis de s’interroger sur l’impact du bitcoin sur le système financier traditionnel, questionnant son rôle face aux monnaies traditionnelles. «Est-ce que les électeurs ont voté pour la manière dont les banques centrales émettent la monnaie ? Le bitcoin a notamment introduit cette question dans le débat public», souligne Yorick de Mombynes. Pour ce dernier, le bitcoin «c’est un bien qui n’est pas physique, mais qui est homogène et résistant à l’inflation. Il a les qualités possibles pour devenir une forme de monnaie».
Réserve de valeur ou «or digital»
Le bitcoin sert aujourd’hui de «réserve de valeur ou d’or digital, avant d’être utilisé comme un moyen d’échange. On verra s’il devient plus apte à être utilisé pour les smart contrats. Le passage à l’échelle est en cours. Il permettra peut-être plus tard des micro-paiements», pense-t-il. Plus optimiste, Benoit Huguet, CEO et co-fondateur de Bitconseil, voit dans le bitcoin «une révolution monétaire. Changer la monnaie, c’est changer le monde. C’est une nouvelle idée de la monnaie».
Pourtant, le bitcoin reste toujours peu utilisé en France : selon une enquête d’ING, seuls 6% des Français en posséderaient. «Il risque de conquérir le cyberespace. Les territoires physiques seront peut-être plus durs à conquérir. Quand Facebook a communiqué sur son projet de cryptomonnaie libra, le bitcoin est apparu comme une monnaie commune et neutre par rapport à d’autres monnaies, il peut y avoir un basculement», espère Adli Takkal Bataille, directeur général du Cercle du Coin.
«Nous sommes aux abords d’une nouveau paradigme monétaire et le bitcoin y participe. La monnaie, c’est le moyen d’exprimer sa souveraineté, je travaille à ce que l’Union européenne émette une monnaie décentralisée telle que le e-euro», explique le député Pierre Person. Face aux velléités des Etats-Unis et de la Chine en la matière, «il faut continuer à pousser le sujet à l’Assemblée nationale», souffle-t-il. «Nous avons perdu la bataille de l’internet, des moteurs de recherche, mais il faut que la France investisse dans les technologies sur lesquelles elle n’a pas de retard, cela créera aussi les emplois de demain», ajoute-t-il.
Les intervenants se sont notamment accordés sur les difficultés liées à l’adoption du bitcoin par les particuliers, évoquant les contraintes fiscales et comptables. Si la France apparait comme un pays crypto-friendly, d’autres critères continuent de faire obstacle «notamment du côté des banques. On voit beaucoup de résistance car le bitcoin vient en concurrence avec le système financier traditionnel», conclut Simon Polrot, président de l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan).
Plus d'articles du même thème
-
Iberdrola signe le tout premier crédit syndiqué intégralement hébergé sur la blockchain
Le prêt de 150 millions d’euros est accordé par BBVA et Santander. Tout son cycle de vie est géré sur une plateforme développée par ioBuilders. -
La croissance chinoise retrouve des couleurs au troisième trimestre
Le PIB chinois a progressé de 4,5%, revenant à l’objectif cible des autorités qui ont aussi pris des mesures de soutien à l’économie. Mais les déséquilibres internes persistent : la demande intérieure reste très faible, alors que les exportations progressent encore. Pour le moment. -
Le marché du crédit dévisse à son tour
Les obligations d’entreprises avaient jusque-là résisté mais l’envolée des taux et les inquiétudes sur l’IA ont provoqué un fort écartement des spreads de crédit, à leur plus haut de l’année. Le marché primaire tourne au ralenti.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- ASML manifeste les premiers symptômes des limites physiques de l'IA
Contenu de nos partenaires
-
Tous aux abris17 octobre : La vraie facture pour les entreprises
Le gouvernement a promis un fonds d'aide et du chômage partiel. Les commerçants, eux, redoutent le pire pour les prochaines mobilisations annoncées -
EditorialLe pillage, enfant bâtard de l’anticapitalisme et de la société de consommation
Les casseurs d’ultra-gauche rêvent de faire tomber l’Etat et le capitalisme, mais les pillards qu'ils attirent dans leur sillage sont de purs produits de la société de consommation -
Tribune libre« Trop, c’est trop : face à la stratégie du chaos, les élus pour la République doivent s’unir », par un collectif de maires et présidents de département
« Aux candidats à l'élection présidentielle de l’arc républicain : Education, jeunesse, transition écologique, pouvoir d’achat, santé… Il y a urgence. Réunissez-vous pour construire un projet commun qui puisse rassembler les Français et leur redonner espoir »