L’assurtech Alan embarque Xavier Niel à son capital
L’assurtech Alan, qui veut simplifier la complémentaire santé, annonce ce mardi une levée de fonds en série A de 23 millions d’euros, après avoir levé 12 millions d’euros à son lancement en 2016. Cette levée de fonds constitue «une étape importante pour développer nos produits et devenir ainsi leader sur le marché de l’assurance complémentaire santé» déclare à L’Agefi Jean-Charles Samuelian, PDG et cofondateur d’Alan.
Index Ventures ainsi que Xavier Niel entrent désormais au capital d’Alan, rejoignant d’autres investisseurs (Open CNP, Partech et p3VC.) Pour le CEO d’Alan, «cela ne changera rien à notre gouvernance. On souhaitait avoir les meilleurs partenariats. Cet investissement va nous permettre d’accélérer notre croissance, qui était uniquement organique, pour devenir le plus gros acteur de l’assurance santé en France et peut-être un jour se développer à l’international.»
«Investisseur et partenaire, CNP Assurances a été aux côtés d’Alan en qualité de principal réassureur et pour coconstruire une couverture prévoyance pour les entreprises, complémentaire de son offre santé», indique Hélène Falchier, responsable des investissements en private equity de l’assureur public.
Créer de nouveaux produits
Grâce à cet investissement, Alan veut «changer la manière dont on vit sa santé». La société souhaite en effet «développer de nouveaux services qui vont aider ses utilisateurs à prendre de meilleures décisions et accompagner les entreprises et leurs DRH dans la gestion de la santé de leurs salariés, pour plus de bien-être au travail». Cette notion de bien-être au travail, le CEO d’Alan a choisi de l’expérimenter au sein même de son entreprise, en «supprimant les meetings, pour donner plus de temps et plus de responsabilité à tout le monde».
Face aux assureurs établis, l’assurance santé 100% en ligne mise sur l’expérience client. «On a énormément investi sur des produits ‘designés’. Face à nos concurrents, on se différencie en créant un nouvel accès aux soins grâce à la technologie et au design.» confie Jean-Charles Samuelian qui n’a pas souhaité préciser le contenu des nouveaux produits.
Cette année, Alan espère tripler son nombre d’assurés (7.000 personnes et 850 entreprises) et atteindre 100.000 personnes couvertes dans les rois ans. L'équipe passera de 20 à 80 personnes au cours des douze prochains mois.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse -
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