L’assurtech Akur8 lève 30 millions de dollars
Akur8 veut transformer la tarification dans l’assurance. L’assurtechfrançaise annonce ce jeudi une levée de fonds de 30 millions de dollars, auprès de BlackFin Capital Partners et MTech Capital, ainsi que d’un fonds anglo-saxon qui souhaite garder l’anonymat. Les fondateurs de l’insurtech conservent une part importante du capital. De son côté, BlackFin Capital Partners, qui a investi une part significative dans ce tour de table, est le plus gros actionnaire minoritaire de l’insurtech. En mars dernier, BlackFin Capital Partners et MTech Capital avaient déjà investi 8,9 millions de dollars dans l’insurtech, ce qui porte son financement total à 42 milliards.
Lancée en 2019, Akur8 a développé une solution d’automatisation de tarification qui permet aux actuaires de prendre des décisions plus rapidement. Si 80% de sa modélisation est automatisée, 20% sont laissés à l’actuaire pour affiner ses paramètres. La société s’est lancée avec un logiciel pour construire des modèles de risques, puis elle a enrichi sa gamme de produits vers de la tarification. «La société est en très forte croissance, elle signe de gros clients depuis quelques mois à l’échelle européenne», explique à L’Agefi Julien Creuzé, associé chez BlackFin Capital Partners. La société revendique 30 clients dans dix pays, parmi lesquels figurent notamment Axa, Generali ou encore la Matmut.
Cette levée de fonds permettra d’accélérer le développement de son produit, afin de couvrir l’intégralité du processus de tarification pour les assureurs IARD et santé. La société ambitionne par ailleurs de se développer aux Etats-Unis, le plus grand marché de l’assurance. L’insurtech a notamment ouvert un bureau à New York l’an dernier, avec cinq salariés sur place, sur un total de 50 salariés. Le bureau américain est en lien avec de grands assureurs américains qui deviendront clients dans les prochains mois. «Les Etats Unis sont un marché très intéressant, avec des réglementations différentes pour les 50 Etats. Etant donné cette complexité, l’insurtech permet de construire des modèles de risque pour tous les Etats, en respectant la réglementation locale. C’est un marché très pertinent pour la société», souligne Julien Creuzé.
La start-up bénéficie d’un environnement concurrentiel relativement confortable, avec encore peu d’acteurs connus sur ce segment, mis à part une division de Willis Towers Watson ou encore l’acteur israélien Earnix. Pour se rémunérer, la société vend des licences annuelles récurrentes à ses clients. Akur8 est dans une phase d’investissement et de croissance, et n’est donc pas rentable à l’heure actuelle. Alors que certaines assurtech françaises sont récemment devenues des licornes, comme Alan ou encore Shift Technology, les ambitions d’Akur8 pourraient-elles aller dans ce sens ? Le patron actuel d’Akur8, Samuel Falmagne, est l’ancien directeur commercial de… Shift Technology qui a récemment passé ce cap du milliard de dollars de valorisation. «Le fait de devenir une licorne n’est pas un but en soi, il ne s’agit pas d’une course à la valorisation mais de construire un leader sur le marché», indique Julien Creuzé.
Depuis plusieurs années, BlackFin Capital Partners investit dans des start-up, comme la fintech Epsor, via son fonds de venture de 180 millions d’euros. Ce fonds se positionne à hauteur de 40% dans les assurtech.
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