La rentabilité des néobanques dépend de leur modèle d’affaires
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) poursuit son travail sur les néobanques. Après une première analyse parue en 2018, le superviseur s’est penché dans une nouvelle recherche sur la rentabilité d’une quinzaine de néobanques en France, dont Boursorama, Orange Bank ou N26. S’il observe une amélioration de la rentabilité des néobanques, le chemin à parcourir est encore long.
«Souvent présentées comme étant susceptibles de bousculer le paysage bancaire, les néobanques peinent, plusieurs années après leur création, à dégager des marges bénéficiaires», souligne l’étude. «Les nouveaux acteurs, plus agiles, semblent en revanche y parvenir ou s’en approcher», indique l’étude, en référence aux récentes levées de fonds de néobanques, les valorisant plusieurs milliards de dollars à l’instar de Revolut et de N26. De manière générale, le superviseur constate que «les résultats nets des néobanques restent globalement négatifs après plusieurs années d’exercice même si l’on observe une tendance graduelle à l’amélioration et une moindre dispersion de ces résultats au fil des années». En moyenne, l’ACPR observe une progression «importante» du résultat net sur les trois dernières années.
La rentabilité des néobanques dépend notamment des modèles d’affaires suivis. Pour tous ces acteurs, conquérir de nouveaux clients permettra de compenser leurs investissements dans de nouveaux produits ou pour leur structure interne. Certaines néobanques optent pour une stratégie «défensive», misant avant tout sur la conservation des clients plutôt que sur la rentabilité. D’autres, en proposant des produits innovants, «espèrent» se faire racheter par un grand groupe bancaire ou non bancaire comme la plupart des néobanques actuelles (Monabanq par le Crédit Mutuel, Fortuneo par Arkéa…). Enfin, certaines néobanques attirent dans un premier temps des clients avec des offres gratuites, avant de leur proposer leurs offres premium.
PNB par client en baisse
De même, «le produit net bancaire qui augmente dans l’absolu, stagne voire diminue lorsqu’il est rapporté au nombre de clients», souligne l’étude. Selon l’ACPR, le PNB par client est en moyenne de l’ordre de 99 euros en 2018 après avoir atteint 106 euros en 2016 et 101 euros en 2017. Pour améliorer leur résultat net, les néobanques doivent transformer le client en utilisateur «actif» alors que la quasi-totalité du PNB d’une néobanque est générée par la tranche des 20% des revenus les plus élevés, souligne l'étude. Cette stratégie est notamment mise en place par des néobanques de distributeurs, telles qu’Orange Bank, qui se concentre sur une clientèle «à valeur».
Si le superviseur considère que les néobanques ne bousculent pas le paysage bancaire, elles gagnent en légitimité chaque année. Le nombre de comptes courants ouverts a été multiplié par 2,5 en deux ans. En 2019, cinq acteurs (Nickel, N26, Revolut, Orange Bank, et Lydia) regroupent près de 78% des 3,5 millions de comptes actifs en France. Les résultats de cette étude sont néanmoins à considérer avec précaution «compte tenu à la fois de la relativement mauvaise qualité des données, du caractère incomplet des remises, voire de l’absence de réponse de certains établissements sollicités», précise l’ACPR. Selon le superviseur, cette mauvaise qualité des remises est «surprenante» venant d’acteurs digitaux qui placent, notamment, la donnée au cœur de leur stratégie.
Plus d'articles du même thème
-
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense. -
Paramount s'ouvre au prix fort la voie à sa mégafusion avec Warner
Paramount a conclu, mercredi 30 septembre, un accord avec douze Etats américains, ouvrant la voie à sa fusion à 110 milliards de dollars âprement négociée avec Warner Bros. Discovery. Il vient aussi de boucler une émission de dette de 52 milliards de dollars. Mais ce rachat lui coûtera bien plus cher que prévu en raison de la hausse des taux d'emprunt. -
Oddo BHF nomme un nouveau directeur général
Gonzague Depouilly rejoint le pôle Corporate Finance, avec un périmètre centré sur l’énergie et la défense.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Spiritueux d'exception : le sacre des métiers d'art
Les premiers crus dévissent, mais dans les chais et les ateliers, maîtres assembleurs, cristalliers et moines façonnent de nouveaux objets de désir. -
Des Michel-Ange pur sucre
Longtemps éclipsés par les chefs cuisiniers, les pâtissiers sont devenus de véritables têtes d'affiche. Une revanche dopée notamment par les réseaux sociaux. -
La relève au bout des doigts
Afin d'assurer la continuité de leurs ateliers, les Maisons de luxe multiplient les initiatives pour transmettre leurs savoir-faire et donner envie aux nouvelles générations de faire carrière avec leurs mains.