La fintech Villyz veut donner du sens à l’épargne des Français
Villyz, c’est le nom de la nouvelle start-up française fondée, entre autres, par trois anciens de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Entre le modèle de la fintech et de la govtech, la plate-forme veut combiner le financement bancaire et citoyen pour financer les projets d’intérêt général des collectivités. Son lancement est prévu pour le mois d’octobre.
«Nous sommes nés pendant la crise du Covid, avec la volonté de donner du sens et de l’impact à l'épargne des Français. En tant que citoyen, il est difficile de savoir à quoi est employé son argent, alors que de nombreuses personnes souhaitent investir dans des projets à impact local», confie à L’Agefi Arthur Moraglia, co-fondateur de Villyz.
Concrètement, les Français pourront financer des projets via des prêts avec intérêt aux collectivités ou organismes publics. Le taux est fixé par la collectivité et devra être au moins égal à deux fois celui du livret A, soit 1%. «L’investissement citoyen sur Villyz est fiable, rémunérateur et à fort impact local», précise l’ancien expert fintech de l’ACPR.
La plate-forme veut s’insérer dans une niche qu’elle considère comme prometteuse : le marché du financement des collectivités locales, qui n’a pas été «véritablement» pénétré par les fintech, estime Arthur Moraglia. «La seule manière d’accompagner la transformation de ce marché en y apportant de l’innovation, c’est de travailler en étroite coopération avec les acteurs bancaires», précise l’entrepreneur.
Pour ce dernier, les banques «souhaitent aller vers une meilleure standardisation des contrats de crédit aux collectivités, pour se concentrer sur certaines opérations à forte valeur ajoutée». Elles pourront soit avoir accès direct aux collectivités qui réalisent leur demande de financement sur la plate-forme Villyz, soit proposer à leur clientèle actuelle d’inclure une part de financement citoyen dans leur prochain financement.
Fondée en mars dernier, Villyz est sur le point de boucler une première levée de fonds. Pour se rémunérer, elle prélèvera une faible marge sur l’intermédiation bancaire lorsque les collectivités se financent directement via Villyz ou sur le financement citoyen «lorsque que nous réalisons cette activité pour la clientèle d’une banque partenaire. C’est par l’effet volume que nous avons vocation à devenir rentable», précise Arthur Moraglia.
Pour opérer, la fintech s’appuiera sur l’agrément d’intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP) et d’intermédiaire en financement participatif (IFP), modèle récemment permis par l’entrée en vigueur de la loi Pacte.
Située dans le 14e arrondissement de Paris, loin de l’effervescence des événements fintech du Palais Brogniart, la start-up compte rapidement se faire un nom. Si son modèle est singulier, elle devra néanmoins faire face à la concurrence d’acteurs déjà en place, telle que la plate-forme de crowdlending Lendopolis.
Avec l’assurtech Seyna, Villyz est l’une des rares fintech françaises fondée par des anciens de l’ACPR. L’équipe, actuellement composée de six personnes, dont Arthur Moraglia à la stratégie et au développement, Sylvain Peyron aux finances et données et Anne-Sophie Lawniczak sur les aspects juridiques et réglementaires, a vocation à grossir rapidement.
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