BPCE obtient un agrément pour diffuser les cryptos à ses clients
Un nouvel acteur vient de décrocher l’agrément de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN), et pas n’importe lequel : BPCE. Le groupe bancaire a obtenu le précieux sésame pour le compte de sa filiale spécialisée dans les cryptos, Hexarq. L’agrément a été accordé le 19 décembre, selon un avis paru sur le site de l’Autorité des marchés financiers. Il couvre la conservation d’actifs numériques, l’achat ou l’échange d’actifs numériques contre des monnaies ayant cours légal, et l’échange d’actifs numériques entre eux.
Hexarq n’est que la quatrième société à être agréée en tant que PSAN, un statut optionnel plus contraignant que le simple enregistrement auquel sont soumises toutes les entreprises opérant en France dans la sphère crypto. SG Forge, la filiale de la Société Générale pionnière sur cette thématique, a été la première à être agréée par l’AMF en 2023. Deblock, fin novembre, et GOin, mi-décembre, sont les deux autres heureux élus à ce stade, avec des variantes dans le contenu des agréments. Outre la conservation et le courtage, GOin pourra aussi proposer des services de conseil et de gestion pour compte de tiers à des institutionnels.
Un investissement de 45 millions d’euros
Interrogé par L’Agefi, BPCE ne souhaite pas s’étendre pour le moment sur ses projets dans la crypto. Mais l’agrément devrait permettre de fait aux clients des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne de traiter des cryptos à partir de leurs comptes bancaires. Un enjeu commercial fort pour les réseaux bancaires traditionnels. En novembre 2023, une étude de l’AMF et de l’OCDE montrait que 54% des nouveaux investisseurs sur les marchés achetaient de la crypto, un taux de détention largement supérieur à celui d’autres produits comme les actions. La flambée des prix du bitcoin en 2024 n’a pu que conforter le phénomène.
«Les cryptoactifs font partie des sujets à l’étude dans les banques. L’obtention d’un agrément ne signifie pas nécessairement qu’une offre sera proposée en 2025, compte tenu des précautions liées à cette classe d’actifs, mais permet de garder toutes les options ouvertes en cas de décision future», précise-t-on au siège du groupe.
BPCE a créé Hexarq en décembre 2021, mais la société n’a pas réalisé d’activité lors de ses deux premiers exercices. Fin 2023, le principe d’une injection de capital de 45 millions d’euros de la part de la maison mère a été approuvé, selon des documents juridiques. Frédéric Dalibard, qui coordonne les initiatives de BPCE et Natixis dans la blockchain, est le PDG de la fintech.
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