BlackFin prépare un fonds 100% fintechs de 120 millions d’euros
Difficile pour BlackFin Capital Partners d’échapper à la vague fintech. Spécialiste des services financiers, la société de capital-investissement actionnaire de Kepler Cheuvreux et de Primonial lève un fonds de capital-risque dédié aux start-up européennes de la finance. Elle vise 120 millions d’euros, avec un premier closing au dernier trimestre et un bouclage final début 2017. Ce sera le deuxième fonds du genre en France, après celui lancé en 2015 par New Alpha (filiale de La Française et Ofi) qui vise 60 millions d’euros. Face à eux, les banques et assureurs français investissent en direct, Axa étant le seul à avoir lancé un fonds fintech de corporate venture auquel il consacre 200 millions d’euros.
Chez BlackFin, «nous allons recruter une équipe de six professionnels du capital-risque, dont deux seniors qui vont nous rejoindre dès cet été», explique à L’Agefi Paul Mizrahi, directeur général. Ces nouvelles recrues ne seront pas nécessairement des spécialistes des fintechs. «Nous avons déjà une grande expertise dans le secteur financier et un ADN d’entrepreneurs», relève le dirigeant qui avait fondé Fortuneo avec ses deux associés, Laurent Bouyoux et Régis Fraisse, à la fin des années 90.
Limité aux fintechs, le futur fonds sera très flexible dans ses opérations. «Nos tickets iront de quelques centaines de milliers d’euros, pour des projets ou sociétés en cours d’amorçage, à 10-20 millions d’euros pour des tours de start-up plus établies», détaille Paul Mizrahi. 20 millions d’euros, c’est aussi la limite basse à partir de laquelle BlackFin intervient via son deuxième véhicule de capital-développement de 400 millions d’euros, bouclé en début d’année. Son fonds fintech concurrencera à la fois les incubateurs et fonds d’amorçage, les fonds de capital-risque déjà actifs dans la finance comme Partech et XAnge, mais aussi les industriels du secteur et les grands fonds qui chassent désormais sur les terres du venture capital, à l’instar d’Eurazeo Croissance.
BlackFin souhaite couvrir tout l’univers fintech : opérations bancaires, paiements, gestion de fortune et d’actifs, courtage, assurance, technologies et logiciels, médias, etc. «Nous rechercherons tout particulièrement des start-up qui auront la capacité d’exporter leur modèle pour devenir un acteur européen voire mondial», pointe son DG. Novice en capital-risque, la société vise tout de même un multiple moyen égal à trois fois sa mise initiale.
Plus d'articles du même thème
-
Les fintechs sont les grandes gagnantes de la réforme de la facture électronique
Les fintechs dédiées aux comptes professionnels ont réussi à tirer leur épingle du jeu dans la bataille de la facture électronique. Des pépites françaises se retrouvent leaders du classement des plateformes agréées. -
Revolut franchit une étape supplémentaire pour sa licence bancaire américaine
La fintech a obtenu une autorisation conditionnelle du bureau du contrôleur de la monnaie des Etats-Unis. Elle devra cependant obtenir encore plusieurs autorisations pour pouvoir lancer sa banque aux Etats-Unis en 2027. -
Hugging Face et Pasqal ravivent les regrets de la French Tech
Le rachat par Nvidia de la plateforme open source d'IA, officialisé le 3 septembre, et l'introduction en Bourse de Pasqal, aux Etats-Unis, illustrent à nouveau le retard de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis en matière de financement de l'innovation.
ETF à la Une
Goldman Sachs s’apprête à entrer sur le marché européen des ETF à rendement défini
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Poutine ordonne l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours alors que les émissaires de Trump sont à Moscou
Jared Kushner et Steve Witkoff, les deux émissaires de Donald Trump, se trouvent actuellement à Moscou, samedi 5 septembre, où ils doivent rencontrer Vladimir Poutine. Ils seront le lendemain à Kiev, une première pour eux, pour un entretien avec Volodymyr Zelensky. La pause dans les frappes commence dans la nuit de ce samedi à dimanche -
Couteau dans le dosVolkswagen : pourquoi les salariés ont soutenu la suppression de 50 000 postes supplémentaires
Le principal syndicat du groupe automobile estime que l'accord laisse la porte ouverte à une poursuite d'activités ou une reprise des quatre usines menacées outre-Rhin -
La roue tourneDette américaine : le signal du fonds souverain norvégien à Donald Trump
Les investisseurs étrangers invoquent toutes sortes de raisons pour justifier une baisse de leur exposition à la dette publique américaine